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Tous a genoux devant Mohammed bin Salman

Deux semaines après la disparition de l'opposant Jamal Khashoggi à l'intérieur d'un consulat saoudien en Turquie, devant l'accumulation des présomptions impliquant les autorités saoudiennes, celles-ci seraient prêtes à admettre leur responsabilité dans ce qu'il faut évidemment nommer un assassinat.

 Mais elles prétendraient qu'il n'y avait pas meurtre délibéré, mais les conséquences d'un « interrogatoire ayant mal tourné », comme si les interrogatoires même musclé conduisent à la mort puis à la disparition d'un suspect présumé.

Il est évident que ce mensonge vise à préserver de toute responsabilité le prince héritier Mohammed bin Salman (MBS) devant lequel se sont systématiquement prosterné les gouvernements occidentaux, pour la double raison que MBS s'est dit décidé à s'opposer à l'Iran, et parce qu'il détient beaucoup de pétrole et de gaz.

Or, si l'on en croit des images diffusées par des caméras de surveillance turques, c'est un groupe de 15 individus qui est entré le 2 octobre dans le consulat et en est ressorti quelques temps après. Selon les autorités turques ayant depuis lors enquête sur ce crime, ils étaient munis de passeports diplomatiques saoudiens. Par ailleurs les turcs disposent d'enregistrements vidéo et audio indiquant que le journaliste a été torturé et tué dans le consulat. Ces preuves ont été transmises, selon les autorités turques, à Washington et à divers gouvernements européens, ainsi qu'à MBS.

Vu le pouvoir quasi-absolu dont celui-ci dispose, personne ne doute que ce fut sur son ordre personnel que Jamal Khashoggi avait été tué, de la terrible manière que l'on sait. Or aujourd'hui il est plus que surprenant d'apprendre que Donald Trump, qui avait menacé l'Arabie d'un "châtiment sévère",  n'en parle plus. Il vient de dire à la presse qu'il apportait toute sa confiance aux dénégations saoudiennes et qu'à son avis, vu qu'il ne savait rien à l'affaire, le meurtre aurait pu été accompli par des tueurs non identifiés (rogue killers). Il vient également d'envoyer en urgence à Rihad le Secrétaire d'Etat Mike Pompeo pour assurer MBS du fait que cette affaire ne compromettrait en rien les bonnes relations des Américains avec les Saoudiens.

Le même Pompeo devrait indiquer aussi que l'affaire ne remettrait pas en cause la présence américaine à l'événement dit « Davos dans le désert » auquel doit participer un grand nombre de gouvernements et de grandes entreprises espérant y négocier d'importants contrats dans le domaine de l'armement et de l'économie. A la date du 15 octobre, le Secrétaire au Trésor américain Steven Mnuchin avait confirmé sa venue.

Par contre, un certain nombre de PDG américains se sont décommandés. Rihad devient un lieu compromettant et il n'est pas nécessaire pour le moment de s'y montrer. Rien de tel d'ailleurs n'a été annoncé par les entreprises européennes, notamment françaises.

Trump s'est borné à confirmer les bonnes relations américaines entretenues avec le Royaume saoudien, qui est mondialement connu comme pratiquant , non seulement la peine de mort (150 condamnés en 2007) , mais la torture et des exécutions en public. Les femmes, à qui MBS, dans sa largeur d'esprit, vient d'accorder le droit à conduire. en sont souvent les victimes. Par ailleurs la guerre menée par MBS au Yémen, avec l'appui américain, a fait 15.000 morts et généré une famine qui en fera beaucoup d'autres.

Les chancelleries européennes, notamment française, allemande et britannique, font actuellement silence sur le meurtre de Jamal Khashoggi. Il est probable qu'elles continueront à le faire. « Business is business ».

Note 1

Il n'est pas exclu que le journaliste saoudien ait été supprimé avec la complicité de la CIA, car il en savait peut-être trop sur la collusion de l'Agence avec les Saoudiens de l'époque dans la préparation des attentats dits du 9/11

Note 2 au 17/10

Ils l'ont découpé alors qu'il était encore vivant, indique les sources citées dans cet article. Et Trump, qui sait tout, grâce à la CIA, ne le savait pas? 
https://www.zerohedge.com/news/2018-10-17/they-cut-him-while-he-was-still-alive-grisly-details-saudi-journalists-killing

Note 3 au 18/10

Les réactions scandaleusement différentes de l'Europe au sujet des deux "disparitions"

https://www.strategic-culture.org/news/2018/10/17/skripal-and-khashoggi-tale-of-two-disappearances.html 

Note 4 au 26/10

Le tueur Mohammed bon Salman était tout sourire lors du Davos du désert qui devait voir à titre de sanctions le retrait d'un certain nombre d'entreprises occidentales inscrites. Ledit  Davos a permis la signature de $50 milliards de contrats. Ainsi vont les sanctions...

https://www.zerohedge.com/news/2018-10-23/saudi-crown-prince-all-smiles-aramco-signs-deals-worth-50-billion-davos-desert

16/10/2018
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