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Juncker, Trump et le protectionnisme

Jean-Claude Juncker, président (hélas) de la Commission Européenne, est allé ce jour à Washington pour lui demander de ne pas s'engager avec l'Europe dans une guerre économique. Celle-ci se traduirait dans un premier temps par une élévation d'environ 15% des droits de douanes frappant les exportations européennes vers les Etats-Unis.

La première victime en serait l'industrie automobile allemande qui fournit, de concours avec son homologue japonaise, l'essentiel de la demande de voitures sur le marché américain. Les entreprises américaines, pour ne pas nommer la plus importante d'entre elles, General Motors, s'étant à ce jour, dans le créneau très fréquenté des véhicules de tourisme ou se transport léger, montrées incapables de répondre à la demande locale. La même question est posée dans le domaine stratégique de l'acier et de l'aluminium.

On lira sur cette question l'article de Pascal Lamy, ancien directeur général de l'Organisation mondiale du Commerce, toute acquise au libre échange européen. https://mobile.francetvinfo.fr/monde/usa/presidentielle/donald-trump/rencontre-trump-juncker-le-president-americain-a-une-idee-du-commerce-international-qui-ressemble-a-ce-qui-se-passait-au-moyen-age_2866507.html

La rencontre ayant eu lieu le 25 juillet, au moment où nous écrivons cet article, nous n'en connaissons pas les résultats. Mais on peut penser que Donald Trump ne tiendra aucun compte des demandes européennes. L'Union avait envisagé des mesures de rétorsion, visant par exemple à relever les droits de douanes sur le beurre de cacaouette américain Mais le seul énoncé de cette mesure suffit à montrer qu'elle ne fera pas trembler l'industrie lourde américaine, parmi laquelle Trump recrute l'essentiel de ses électeurs et financements.

Si l'Union européenne voulait vraiment faire peur à Donald Trump, elle n'hésiterait pas à envisager des mesures plus sérieuses, dont profiterait en retour l'industrie européenne. On peut citer le domaine des armements ou celui du spatial. Certes les secteurs européens correspondants en souffriraient, mais ils ne tarderaient pas à s'en relever. Vladimir Poutine, dont l'industrie a lourdement souffert des « sanctions » américaine, n'est pas allé à Washington pour requérir son indulgence. Il a fait appel avec succès aux ressources encore inexploitées de la Russie.

Cependant, pour que Jean-Claude Juncker manie de telles armes, il faudrait que lui même comme l'ensemble de la Commission européenne cessent de solliciter en permanence l'appui américain, tant sur le plan économique que dans le domaine des relations stratégiques avec la Russie et la Chine.

Pour en savoir plus

* Voyez de Jean Quatremer, renommé pour son honnêté, un article significatif en date du 26/07
http://www.liberation.fr/planete/2018/07/26/jean-claude-juncker-un-president-plus-allemand-qu-europeen_1669055

 

25/07/2018
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