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Utilisation militaire des tags et répondeurs pour la localisation des cibles

Depuis quelques années, la CIA et d'autres agences américaines ont fait développer des étiquettes électroniques ou répondeurs, sur le modèle des puces RFID utilisées dans le commerce, permettant d'identifier des cibles à relativement longue distance et sans imposer la présence d'un observateur humain lors de l'attaque.

Dans un article précédent, nous avons mentionné le rôle essentiel que prennent désormais dans les forces armées américaines les drones ou UAV (Unmanned Armed Vehicles). Ceux-ci sont de plus de plus dotés de capacités robotiques les rendant aptes à opérer sans contrôle humain, fut-il distant. Les UAV emportent différentes armes destinées à des frappes très sélectives, visant un immeuble, un véhicule, un homme bien déterminés. On considérait généralement que pour ce faire, des agents appartenant à des troupes spéciales à terre localisaient en temps réel les objectifs au profit des drones.

Depuis quelques années cependant, la CIA et d'autres agences américaines ont fait développer des étiquettes électroniques ou répondeurs, sur le modèle des puces RFID utilisées dans le commerce, permettant d'identifier des cibles à relativement longue distance et sans imposer la présence d'un indicateur humain lors de l'attaque. Il suffit de taguer, si besoin longtemps à l'avance, les dites cibles. S'il s'agit de véhicules ou d'humains, ceux-ci emporteront avec eux le répondeur qui causera leur perte le moment venu. Ces technologies, classées Secret Défense, répondent au nom de TTL pour Tagging tracking and locating devices.

L'information à leur égard commence à circuler. Un article de Wired, cité en note, en propose un recensement intéressant. Il semblerait que les TTL ont depuis déjà plusieurs années été utilisés en Irak, avant de l'être aujourd'hui au Pakistan et en Afghanistan. Ils auraient permis l'élimination discrète d'un certain nombre de responsables parmi les "insurgés" et autres chefs talibans, dans des conditions qui apparaissaient mystérieuses lorsque ces éliminations avaient été rendues publiques. L''US Army considère qu'elle dispose là d'une "arme secrète" de grande valeur. Des centaines de millions de dollars ont été dépensés par la Darpa pour développer les produits correspondants.

Il s'agit de réflecteurs radar, de puces RFID, de balises permettant le "homing", tous dispositifs extrèmement puissants bien que miniaturisés, de façon à pouvoir être dissimulés dans des objets très ordinaires, jouets, vêtements, journaux. Ce sont des versions militaires dérivées de produits existant déjà dans le commerce, pour l'identification radio et internet des objets dits intelligents. Des industriels travaillant pour la défense, tels EWA Government Systems Inc ou Sandia National Laboratories produisent des versions duales de ces dispositifs, dont l'usage dans la société civile se répand de plus en plus.

Les versions militaires sont évidemment plus coûteuses et plus performantes, puisqu'elles peuvent être activées à des distances de plusieurs kilomètres, à travers divers obstacles tels que murs ou parois de véhicules. Des teintures (dye) invisibles, sensibles aux détections, dont seraient marquées à leur insu des personnes suspectées de terrorisme, sont par ailleurs étudiées. Le complément des tags sont des capteurs susceptibles d'être utilisés manuellement et surtout d'être embarqués à bord des UAV et les missiles radio-guidés.

Au-delà de ces TTL, la 2006 Quadrennial Defense Review du Pentagone a recommandé d'étudier diverses techniques chimiques d'identification des individus, notamment par leurs odeurs personnelles ou les émanations provenant de blessures corporelles, susceptibles aussi bien d'aider à rechercher des victimes dans une catastrophe que des "terroristes" en fuite dans un environnement urbain.

L'article de Wired est diversement accueilli par les internautes. Les uns s'inquiètent à juste titre des risques pour les droits individuels découlant de la généralisation de telles méthodes appliquées à la vie civile. Les autres au contraire considèrent que, si elles peuvent servir au repérage et à la destruction des "bad guys" (vaste rubrique), ce sera une excellente chose. A la limite, ils blâment Wired d'en faire publiquement état.

Les notes :
09/06/2009
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