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Le G7 ou la domination américaine

Le prochain sommet du G7 se tiendra les 8/9 juin à La Malbaie au Québec Il réunira les représentants des sept pays les plus industrialisés (Allemagne, Canada, Etats-Unis, France, Royaume-Uni, Italie et Japon).

Rappelons que la Russie avait été exclue du précédent G8 sous la pression des Etats-Unis, à titre de sanction contre sa prétendue annexion de la Crimée. Ce départ avait achevé de faire du G7 un club des pays occidentaux dominé par les Etats-Unis. C'est le G20 qui tient désormais la vedette. Il associe désormais, autrement que sous la domination américaine, les pays les plus développés, dont la Russie, la Chine et l'Inde.

Or l'on dit que le G7, jusqu'ici dominé par les Etats-Unis, devrait se retourner, au moins dans les discours, contre Washington. C'est ce qu'avait montré la réunion préparatoire des ministres des finances tenue il y a une semaine 1). Comme l'on devine, une quasi unanimité des membres du G7, devenu de ce fait de facto G6+1, reprochera aux Etats-Unis non seulement le conflit commercial entre les Etats-Unis et leurs partenaires, mais aussi l'isolement de Washington sur plusieurs autres fronts où s'imposent désormais les décisions de Donald Trump, comme le retour au protectionnisme et le refus de la lutte contre le réchauffement climatique.

Les Européens sont également inquiets de la décision américaine de sortir de l'accord sur le nucléaire iranien, en faisant pression sur leurs entreprises pour qu'elles quittent l'Iran.

Les Six assurent qu'ils ne sont prêts à tout pour conserver  une unité de façade. "Le défi est d'essayer de préserver une forme d'unité à l'intérieur du G7 et vis-à-vis de l'extérieur, mais il ne faut pas hésiter à exprimer de manière ferme et forte les intérêts de la France et de l'Europe", selon Emmanuel Macron. Au-delà des thèmes officiels prévus (croissance, avenir du travail et du commerce, paix et sécurité, égalité femmes-hommes, changement climatique), la difficulté pour les dirigeants du G7 sera de tomber d'accord sur un communiqué final avec les Etats-Unis.

Il sera intéressant pour les spécialistes du langage diplomatique de voir comment celui-ci sera rédigé. Mais il ne faut pas se faire d'illusion. Les 6 membres du G7 exprimant des critiques à l'égard notamment de la politique de Donald Trump seront incapables, comme l'ont montré les contacts préparatoires, d'obtenir le moindre changement de celui-ci. Les protestations verbales risquent de s'en tenir là, vu le désir des 6, déjà profondément soumis à la politique américaine, de ne pas entrer en conflit avec elle.

Ils se résoudront à la domination des Etats-Unis, quelles qu'en soient les conséquences néfastes pour leurs économies. On a pu le vérifier récemment, en France, avec la renonciation de PSA et de Total de poursuivre leurs échanges fructueux avec l'iran, de peur des « sanctions » dont les menaçait Washington. Les protestations d'Emmanuel Macron, restant verbales, n'ont eu aucun résultat. Il en sera partout de même.

A supposer que le G7 puisse avoir une utilité au plan global, face au G20 qui a pris le relais, il faudrait que le G7 demande à Moscou d'y entrer à nouveau. Certains personnalités européennes ont récemment osé suggéré que cette possibilité soit étudiée.

Mais il n'est pas sur que Vladimir Poutine y voit un quelconque intérêt. Le G7 redevenu G8 fera toujours l'unanimité contre lui, sous la pression américaine. Si Moscou cherche à juste titre à établir de meilleurs relations avec les Européens, il le fera dans la cadre de négociations moins multilatérales.

  1. https://fr.news.yahoo.com/g7-tensions-entre-les-membres-apr%C3%A8s-la-r%C3%A9union-095955210--finance.html

    Note au 08/06. Retour de la Russie

    On apprend ce soir que 5 pays européens, dont la France, se sont dits opposés au retour de la Russie dans le G7, retour qu'aurait envisagé Trump. Comme quoi la servilité des Européens est sans limites. Ils sont prêts à tous les abandons concernant la Russie, pour faire plaisir à Trump. Selon certains diplomates, Trump aurait suggéré ce retour de la Russie pour mettre à l'épreuve la solidarité atlantique des européens, et éviter les questions gênantes concernant sa guerre des tarifs.

06/06/2018
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