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Les Européens s'éloignent-ils des États-Unis ?

S'agira-t-il pour eux de commencer à s'opposer aux décisions unilatérales de Donald Trump, ou plus généralement de bâtir une Union européenne décidée à jouer le rôle de puissance indépendante entre les États-Unis et la Russie ? La deuxième hypothèse commence à se faire jour.

Il est certain que les décisions récentes de Trump, instituant une guerre des droits de douanes entre l'Amérique et le reste du monde, entraîneront vraisemblablement des répliques de la Commission européenne, notamment à la demande de l'Allemagne et de la France, les plus touchées. Mais après la sortie des Etats-Unis de l'accord sur le climat et récemment de l'accord de dénucléarisation avec l'Iran, comme avec la volonté américaine d'entraîner l'Europe vers des conflits avec Moscou au sujet de la Crimée, les Européens veulent désormais marquer leur autonomie.

Inutile d'ajouter que la multiplication de « sanctions » contre les intérêts européens refusant de suivre fidèlement les diktats américains sur ces questions, comme sur la coopération avec la Russie, dont souffrent indistinctement de nombreuses entreprises européennes, ne fait qu'aggraver l'hostilité.

Angela Merkel est la plus engagée aujourd'hui dans la voie d'un accord avec Vladimir Poutine, perspective que n'accepterait pas Washington mais que l'Europe pourrait décider seule, sous l'impulsion de l'Allemagne et sans doute aussi de la France. Dans une discussion récente, en allemand, langue que parle parfaitement Vladimir Poutine, les deux dirigeants ont convenu que de nombreux champs de coopération et de développement conjoint entre l'Allemagne et plus généralement les membres européens de l'Otan et la Russie pourraient être explorés, en dépit d'un veto américain très probable.

Plus généralement, Poutine aurait réussi à convaincre Merkel qu'en aucun cas les Européens ne devaient craindre une agression russe, y compris sur le plan militaire. A Saint-Pétersbourg, Poutine a tenu le même discours à Emmanuel Macron, qui en semble désormais convaincu.

Il semble aujourd'hui que pour concrétiser la coopération russo-européenne, Poutine envisage de proposer à l'Europe un accord de libre-échange « de Lisbonne à Vladivostok ». Celui-ci permettrait de promouvoir les échanges au sein de la nouvelle Eurasie, qui seraient la conséquence d'une extension au continent européen de la nouvelle Route de la Soie promue par la Chine et en cours de développement.

La semaine dernière enfin le jusqu'ici très pro-américan président du Conseil de l'Europe, le polonais Donald Tusk, a déclaré : « au vu des dernières décisions de Donald Trump, l'on pourrait penser qu'avec un ami comme cela, l'Europe n'a pas besoin d'ennemis. A cause de lui, nous nous sommes débarrassés de toutes nos illusions. Si nous cherchons des mains secourable, nous découvrons que nous les avons au bout de nos bras ».

Reste à savoir comment réagiront les très fidèles vassaux des Etats-Unis que sont les Etats nord-européens. A eux seuls cependant, ils ne pourraient pas s'opposer durablement à des décisions voulues par la quasi-totalité du reste de l'Europe.

On peut penser que cette prise de conscience européenne serait survenue de toutes façons, même sans Donald Trump. Elle est dans la logique de l'histoire, selon l'expression.


 


 

01/06/2018
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