Europe Solidaire
CultureEconomieEducationEnvironnementInstitutionsInternationalSciencesSécurité/DéfenseSocialTechnologiesValeurs
Aggrandir Réduire Reinitialiser
Les mots clés

Le prix du pétrole va-t-il se stabiliser au niveau actuel ?

Après s'être situé dans les années récentes à des taux considérés comme anormalement bas, aux alentours de $50 le baril et moins, le prix du pétrole brut est remonté ces derniers mois au taux d'environ $75 le baril. Du fait de la sensibilité de l'économie mondiale au prix du pétrole, chacun s'interroge sur la durée possible d'un tel phénomène.

Il est difficile de préciser exactement les raisons des variations des cours mondiaux. Des phénomènes spéculatifs incontrôlables jouent certainement. Mais dans l'ensemble, on évoque l'importance les décisions prises volontairement par les deux grands producteurs, l'OPEC et la Russie. Au sein de l'OPEC, l'Arabie saoudite joue un rôle déterminant. L'un et l'autre ont intérêt pour des raisons évidentes à un cours élevé, mais stable. L'on pourrait donc penser que le prix actuel serait du à un accord entre eux fixant un niveau de production commun défini dans ce but.

En fait il semble que cela n'ait pas été initialement le cas. La Russie en effet aurait décidé, sans l'accord de l'OPEC, d'essayer de limiter la hausse en vendant le plus possible de pétrole, ce qui a pour effet de maintenir un prix relativement bas. 

Elle y perd en diminuant ses recettes à l'exportation de pétrole, importantes pour sa balance commerciale. Mais depuis déjà quelques années le gouvernement russe, sous la pression de Vladimir Poutine, a décidé de diversifier son économie, en ne la faisant pas reposer comme précédemment sur la rente pétrolière. Par ailleurs, la Russie vise en agissant sur le cours du pétrole par le niveau de ses exportations, le stabiliser. La volatilité de ces cours empêchait précédemment tout effort continu dans des investissements productifs destinés à se substituer progressivement aux investissements dans le secteur pétrolier.

Enfin il est important pour Moscou afin d'échapper aux « sanctions » imposés par Washington, de ne pas dépendre du cours du pétrole. Depuis quelques années en effet la production de gaz de schiste par les Etats-Unis, proche d'égaler la production de l'Arabie saoudite, lui permettait de fragiliser à la demande l'économie russe, en modifiant à la demande le prix et les quantités de pétrole produit par les gisements américains.

Concession saoudienne

Lors de leurs rencontres récentes, les représentants de Riyad et de Moscou semblent s'être mis d'accord sur un prix moyen, aux alentours de $70 le baril, mais sans pics spéculatifs, autrement dits stables. Tout laisse penser que dans les mois et années suivantes, l'OPEC et Moscou s'efforceront de collaborer pour atteindre cet objectif, ceci en jouant sur les quantités livrées aux marchés.

Riyad aurait consenti à cette concession dans la perspective d'un appui russe dans le domaine de ses relations de plus en plus conflictuelles avec l'Iran. Téhéran pourrait accepter à la demande de la Russie de ne pas affronter directement Riyad, en ne mettant en œuvre la totalité des forces militaires dont dispose l'Iran, largement supérieures à celles de l'Arabie.

La Russie de son côté, dans l'état actuel de sa politique au Moyen-Orient, a tout intérêt à se rapprocher dans une certaine mesure de l'Arabie saoudite, c'est-à-dire en permettant à cette dernière de ne pas dépendre entièrement de Washington, dont la politique lui apparaît de plus en plus erratique. C'est pourquoi les experts pensent que le cours actuel devrait rester stable, ni à la hausse ni à la baisse. 

 


 

01/06/2018
Vos réactions
Dernières réactions
Actuellement, pas de réaction sur cet article!
Votre réaction
Vérification anti-spam
Nom/pseudo*


Email*


Titre*


Commentaire*


* champs obligatoires
Europe Solidaire