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Italexit en vue ?

Dans un article daté du 19/05, nous écrivions ceci :" Actuellement la nouvelle coalition dite populiste qui s'apprête à prendre le pouvoir en Italie, rassemblant le Mouvement Cinq Etoiles et la Ligue du Nord, envisage à nouveau une éventuelle sortie de l'UE. Mais devant l'horreur que cette perspective suscite, tant à Rome que dans les autres capitales, l'on peut être quasiment certain qu'un éventuel Italexit ne se fera pas."

Mais peut-être étions-nous exagérément pessimistes. Le 21 mai, l'on avait appris que Giuseppe Conte, avocat et professeur de droit, avait été choisi,par la coalition dite antisystème italienne pour devenir premier ministre. Le président italien doit encore valider cette candidature . Mais il le fera dans doute, après avoir formulé différentes objections 1).

Le programme de la coalition que Giuseppe Fronti s'est engagé à mettre en œuvre, va à l'encontre de toutes les mesures dites de sagesse imposée par la Commission européenne aux Etats-membres. Celles-ci visent officiellement à limiter le déficit mais leur objectif non dit est de réduire les droits des travailleurs et des couches pauvres de la population.

Ainsi une contribution de 780 euros devrait être versée aux Italiens vivant au dessous du seuil de pauvreté. Par ailleurs les impôts payés par les ménages ne devraient pas dépasser 15% de leurs revenus. Ceux demandés aux entreprises seraient limités à 20% des revenus de ces dernières. .

Par ailleurs, point très sensible non seulement en Italie mais dans beaucoup de pays européens, les règles d'accès des migrants seront durcies et celles concernant leur expulsion allégées.

Enfin et surtout, la coalition appelle à un dialogue plus constructif avec la Russie dans les domaines économiques et de politique internationale. Elle s'oppose ainsi directement aux ordres anti-Russie donnés par les Etats-Unis aux Européens et jusqu'ici suivis docilement, sauf dans une certaine mesure par la Hongrie.

Accueil favorable des électeurs

Il semble que ces objectifs seront accueillis très favorablement par une majorité d'électeurs italiens, y compris par les milieux d'affaires constituant le soutien de la Ligue du Nord. Réduire la dette italienne ne leur importe pas, car cette réduction, imposée pour des motifs politiques par l'Union européenne, ne leur apporte que des inconvénients. Développer au contraire le pouvoir d'achat de la population permettra aux entreprises italiennes de faire de meilleures affaires. Si les importations provenant du reste du monde s'en trouvent enchéries, elles sont persuadées de pouvoir prendre le relais . Ainsi de nouveaux investissements productifs pourraient être envisagés.

La perspective d'un rapprochement possible avec la Russie et la Chine dans le cadre du Brics leur paraît par ailleurs ouvrir des opportunités considérables, jusqu'ici refusées par l'UE et le précédent gouvernement.

Stupeur à Bruxelles

Ce soir, c'est la stupeur dans les cercles européens officiels. On parle de course délibérée à la collision. Il est certain que si le programme de la coalition est effectivement mis en œuvre, l'Italie ne pourra pas rester dans l'UE qui lui opposera tous les obstacles possibles. L'Italexit n'est pas encore officiellement envisagé, mais il devient probable.

Ce sera très certainement le début de la fin pour l'UE et pour les intérêts américains qui s'y sont investis. La France, malgré l'affirmation européenne renouvelée d'Emmanuel Macron, ne manquera pas d'y réfléchir. Nous en reparlerons.

1) http://www.liberation.fr/planete/2018/05/22/en-italie-conte-n-y-est-pas-encore_1651879

 

22/05/2018
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