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Netanyahu invité d'honneur à Moscou

Le Premier ministre d'Israël Benjamin Netanyahu se rend à Moscou le 9 Mai, jour de la commémoration de la victoire sur l'Allemagne Nazie. Il y est reçu comme « Invité d'honneur ». Il aura des entretiens dits de haut niveau avec le gouvernement russe et sera reçu par Vladimir Poutine.

Le 9 mai n'est pas seulement une fête à Moscou. Il donne l'occasion d'inviter des chefs d'Etat auxquels la Russie prête une attention spéciale. Les derniers en date ont été Xi Jinping de Chine et Angela Merkel.

L'invitation de Netenyahu peut surprendre vu que depuis les dernières semaines celui-ci a multiplié les menaces à l'égard de l'Iran, la désignant comme ennemie d'Israël et menaçant de la détruire si elle se dotait d'une arme nucléaire, au cas ou le Traité JPOAC n'était pas ratifié. Or l'Iran est devenue une alliée solide de la Russie au Moyen Orient. Les tensions avec Moscou n'ont cessé d'augmenter, notamment du fait des bombardements israéliens en Syrie, alliée elle-aussi de la Russie.

Mais il ne faut pas oublier le caractère sentimental que représente pour les deux pays la victoire du 9 mai contre le Nazisme, du fait des souffrances imposées tant aux Juifs qu'aux Russes du fait de l'hitlérisme. De plus et surtout, depuis le 21 septembre 2015, lors d'une rencontre à Moscou entre Poutine et Netanyahu, peu de temps après le début de l'intervention russe en Syrie, les deux chefs d'Etat se sont mis d'accord sur le fait que la Russie n'interviendrait pas dans le cadre des affrontements qui opposent Israël et les pays arabes, si certaines lignes rouges convenues à cette occasion n'était pas franchies.

Il existe en Russie de nombreux intérêts dits « juifs » pour qui l'islamisme est ressenti comme un danger, surtout s'il dégénère en terrorisme. Ce point de vue est désormais partagé par l'ensemble du gouvernement russe. A cet égard, le maintien d'un Etat fort, y compris militairement, à Tel Aviv, est considéré comme indispensable, ceci quelque soit l'engagement d'Israël au service de l'impérialisme américain. Une des lignes rouges à ne pas franchir, cependant, concerne la possibilité d'une guerre israélienne contre l'Iran. Netanyahu le sait et on peut penser que ses menaces répétées à l'égard de Téhéran relèvent du discours.

Ceci dit, la perspective d'une livraison par la Russie à la Syrie de systèmes anti-missiles S-300 a renforcé récemment les tensions entre Tel-Aviv et Moscou. Ceux-ci pourraient être utilisés contre l'aviation israélienne lors de ses opérations en Syrie. Les spécialistes savent cependant que les S-300 ont besoin d'un suivi radar très précis dont la Russie a convenu de conserver le contrôle, au cas où cette livraison se ferait. Dans les entretiens prévus figurera probablement un échange de promesses. La Russie veillera à ce qu'aucun appareil israélien  ne soit atteint par un missile syrien, en échange de quoi Israël cesserait de s'opposer à l'arrivée de S-300 en Syrie.

On suivra avec intérêt les communications qui devraient être faites à Tel Aviv comme à Moscou à la suite du 9 Mai. On notera dans l'immédiat que les ennemis intérieurs de Vladimir Poutine, qui l'accusent de faiblesse vis à vis de l 'occident, prendront prétexte de cette visite pour redoubler de critiques. Mais celles-ci n'auront pas l'ampleur de celles ayant suivi la renomination comme Premier ministre du trop libéral Medvedev.

MAJ au 10 Mai

Peu avant qu' Israël ne bombarde de nombreuses positions iraniennes en Syrie, faisant plusieurs victimes, Netanyahou était avec Poutine à Moscou, déposant une gerbe de fleurs au Soldat Inconnu de la Grand Guerre Patriotique, au terme d'une manifestation commémorative qui aurait mis dans les rues plus d'un million de personnes.

Netanyahou portait le ruban orange-noir de l'ordre de Saint-Georges, un symbole russe qui a acquis une nouvelle popularité ces dernières années comme référence patriotique à l'annexion de la Crimée par la Russie. 

Nous ne savons évidemment pas si Poutine et Netanyahou ont discuté ensemble, après coup, le bombardement israélien. Selon Netanyahou, ce bombardement était une réplique à l'envoi de quelques missiles iraniens qui se sont révélés inoffensifs. Poutine a-t-il implicitement condamné le geste iranien. Cela aurait pu se comprendre, mais on peut imaginer le mécontentement de Téhéran à ce geste de son allié russe.

On peut imaginer aussi la fureur des opposants russes radicaux à Poutine, qui lui reprochent depuis longtemps sa complaisance à l'égard de l'Occident et en particulier à l'égard d'Israël.

MAJ au 18 Mai

Dans un remarquable article, daté du 18 mai, à lire malgré sa longueur, The Duran (Alexander Mercouris)  explique que la Russie et Israël ne sont ni ennemis ni amis. Ils sont seulement conscients de la nécessité de coopérer en tant que de besoin face au risque de guerre généralisé au Moyen Orient. Ceci avait justifié l'invitation de Bibi à Moscou le 9 mai.

http://theduran.com/netanyahu-moscow-victory-day-why-putin-invite/?mc_cid=220c883256&mc_eid=c88862f7f8

 

 

 

08/05/2018
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