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Romeo

Nous avons trop souvent, et à juste titre, regretté ici le retard que risquait de prendre la France en robotique pour ne pas saluer la mise en place de ce qui pourrait devenir un acteur important dans ce domaine, non seulement en France mais en Europe, le pôle de productivité baptisé Cap Robotique.

Il est indiscutable que dans quelques années on trouvera des robots partout dans les sociétés industrielles. Pour les Japonais, comme le précise la Japan Robotics Association, il s'agit en priorité de l'aide aux personnes âgées et handicapées, mais aussi de la surveillance des personnes et des biens. Les applications en cours ou en développement sont évidemment bien plus nombreuses. Consulter le site de la Fédération Internationale de Robotique en donne un intéressant aperçu. Peu évoquées par contre sont les applications militaires. C'est pourtant là que se situent, essentiellement aux Etats-Unis, l'essentiel des investissements. Le domaine des Unmanned Vehicles ou drones aériens, terrestres et marins risque d'y devenir plus important que celui de l'aéronautique militaire classique, comme le relate l'article que nous publions par ailleurs.

La robotique est donc devenu un enjeu majeur, pour les pays européens et pour la France en particulier. Il s'agit de s'inscrire dans les projets de recherche/développement, dans les filières industrielles et aussi dans les modalités d'usage. La circulation de milliers de robots au sein des sociétés humaines posera des questions très intéressantes en termes de constructions cognitives et comportementales partagées. On estime que plus d'un million d'emplois dans ces divers domaines pourraient être crées dans les 5 prochaines années au niveau de la seule Europe.

Encore faut-il que des acteurs majeurs se forment et soient reconnus comme interlocuteurs par les pouvoirs publics et les autres industriels. L'expérience montre que dans un domaine aussi foisonnant, les  grands groupes, souffrant de pesanteurs diverses, ne sont que difficilement des moteurs. La formule du pôle de productivité, permettant d'associer laboratoires, PME innovantes, utilisateurs et collectivités publiques dans le cadre d'une aire géographique favorisée, constitue une formule indispensable. C'est, comme nul n'en ignore, sur ce modèle, illustré par la Silicon Valley,  que s'était développée l'informatique en Californie il y a trente ans. 

Les acteurs français de la robotique l'ont enfin compris, après de longues années perdues en tergiversations.   L'annonce de la création d'un pôle de productivité dit Cap Robotique en Région Ile de France  est un bon signe. En attendant de commenter ses futurs premiers résultats, nous nous devons de saluer les intentions qu'il affiche. Il s'agit de créer une communauté de savoirs faire autour du numérique, de l'électronique, de la mécatronique, des télécommunications et de l'Intelligence artificielle. On y associera sans doute aussi prochainement les nanotechnologies, en ce qui concerne leur contribution aux technologies précédentes.

Pour concrétiser les coopérations nécessaires, il convient de développer des projets susceptibles dans un premier temps de recueillir des financements en France et au niveau de l'Union européenne. Cap Robotique annonce à cet égard la création du projet Cap Digital dit aussi Romeo visant au développement d'un robot humanoïde de taille humaine. Regroupant treize partenaires (PME, grands laboratoires de R&D, utilisateurs comme l'Institut de la Vision), Romeo n'est que le premier des projets communs  qui seront labellisés Cap Robotique.

Au-delà du fait de servir de couveuse à des projets concrets, Cap Robotique veut, selon ce que le consortium annonce sur son site, « jouer un rôle important de lobbying et de communication pour faire prendre conscience des questions de la robotique ; informer et attirer le grand public ; encourager l'engagement financier des autorités dans ce domaine via des appels à projets ; devenir un interlocuteur incontournable dans le domaine de la robotique au niveau régional et national, à court terme, et européen et international à moyen terme ».

La robotique autonome nécessitant l'intégration de nombreuses technologies, et pour chaque technologie de nombreux sous systèmes (hardware comme software), son développement entraînera celui de tout un ensemble de laboratoires et d'entreprises aux business croisés. La Communauté veut donc devenir un vivier de pistes innovantes et un « écosystème », composé à la fois d'entreprises robotiques, mais aussi d'autres domaines et disposant de technologies à valeur ajoutée pour la robotique en général.

Les yeux doux pour Romeo


Nous suivrons donc avec une particulière attention le projet Romeo, destiné à concrétiser toutes ces bonnes intentions. Romeo est un projet labellisé par le pôle de compétitivité Cap Digital et financé par la Région Ile-de-France, la Direction Générale de la Compétitivité, de l'Industrie et des Services (DGCIS) et la Ville de Paris. D'un budget de 10M€, il est subventionné à hauteur de 4,9M€. Parmi les partenaires figure en bonne place la société française Aldebaran, bien connue de nos lecteurs, notamment par son robot NAO, participant actif à la Robocup 2009 qui se tiendra à Graz en Autriche en juin (notre photo)

Romeo vise, nous citons: "à développer un robot humanoïde destiné à devenir un véritable assistant des personnes en perte d'autonomie. Pour cela, il doit être capable d'intervenir sur les objets du quotidien (ouvrir et fermer une porte, manipuler un verre, une bouteille, un trousseau de clés...). Mais il devra également aider une personne à se déplacer à domicile et même lui porter secours en cas de chute.
Au-delà de ses capacités physiques, Romeo doit offrir une interface homme-machine accessible au plus grand nombre : la voix et les gestes doivent être les principaux moyens de communication avec le robot qui devra être capable de comprendre ce qu'on lui dit, d'entretenir un court dialogue et même de percevoir les intentions et les émotions de son interlocuteur pour en déduire les actions qu'il doit mettre en œuvre.
Un premier prototype de robot humanoïde dont la taille devrait se situer entre 1,20m et 1,50m sera développé avant la fin de l'année 2010 et un second sera livré quelques mois avant la fin du projet, à l'automne 2011, pour une évaluation auprès d'utilisateurs en situation de perte d'autonomie choisis parmi les patients de l'Institut de la Vision. A partir des conclusions de cette évaluation, Aldebaran compte bien développer un produit qui pourrait être disponible en 2015. "

Affaire à suivre donc
Les notes :
22/05/2009
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