Europe Solidaire
CultureEconomieEducationEnvironnementInstitutionsInternationalSciencesSécurité/DéfenseSocialTechnologiesValeurs
Aggrandir Réduire Reinitialiser
Les mots clés

Concilier la conservation des ressources naturelles et la satisfaction des besoins humains vitaux

Une équipe de chercheurs dirigée par  Daniel O'Neill de l'Université de Leeds vient de publier un article (références ci-dessous) étudiant la compatibilité des aspirations à une vie satisfaisante des 7 milliards d'hommes vivant aujourd'hui sur Terre avec les ressources disponibles sur la planète.

Son résultat n'étonnera que ceux ayant toujours refusé de se poser la question. Aucun pays des 151 cas étudiés n'est capable d'offrir une vie jugée satisfaisante par ses citoyens sans abuser des ressources naturelles.

Il faut évidemment avant d'entreprendre une telle étude en fixer les limites. Des critères stricts de ce que l'on désigne par vie satisfaisante doivent être définis. Sinon, chaque personne interrogée pourrait juger que sa vie ne correspond pas à ses ambitions. L'étude a retenu un certain nombre de critères que nous ne détaillerons pas ici, allant de l'accès à la nourriture, la santé, la durée de vie en bonne santé jusqu'à l'éducation et la démocratie.

De même, le concept de ressources disponibles doit être précisé. L'étude a retenu une liste de sept frontières à ne pas dépasser pour ne pas épuiser les ressources naturelles et les capacités d'adaptation de la planète.

Nécessairement, les choix faits pourront être critiqués comme résultant d'a priori. Que sont exactement, par exemple en matière de ressources, les limites de la consommation de l'eau ou de la production de CO2. Il sera toujours possible de faire valoir que des progrès technologiques pourront permettre les mêmes résultats à moindre frais. Mais on ne doit pas oublier que la plupart de ces progrès ont un coût qu'il conviendra de prendre en compte.

Pas de surprise

Sous ces réserves l'étude montre que les pays dits riches, comme les Etats-Unis, offrent les plus grandes satisfaction à leurs ressortissants, tout en consommant les plus grandes quantités de ressources naturelles. Ils sont rejoints par le Royaume-Uni et l'Australie. Les plus transgressifs en tous domaines, et de très loin, sont les Etats-Unis. Ceci ne surprendra pas.

A l'inverse des pays dits pauvres, comme le Sénégal, consomment peu de ressources, mais n'offrent pas à leurs citoyens des conditions de vie qu'ils jugent satisfaisantes. Paradoxalement, l'Afrique du Sud consomme autant de ressources, relativement, que l'Amérique, mais n'assure la satisfaction que d'un seul besoin, l'alimentation. L'étude la qualifie de « sur-consommateur dysfonctionnel ». Il faudrait en ce cas se demander ce que deviennent les ressources non-consommées. L'étude ne le fait pas.

Les chercheurs concluent à juste titre que « laisser faire les marchés » ne permettra ni de préserver les ressources naturelles, ni d'assurer la satisfaction des citoyens. Pour bien faire, il faudrait que chaque pays fasse un examen de conscience, afin de redéfinir sa façon de consommer et celle de répondre aux légitimes aspirations des citoyens.

Nous pensons pour notre part que ceci ne se produira jamais. Les gouvernements seraient les seuls à pouvoir décider de ces études. Mais ce n'est qu'une minorité de privilégiés qui tiennent les rênes des gouvernements. On ne les voit pas risquer par ces recherches d'abandonner leurs privilèges.

Ajoutons que l'explosion actuelle des usages de l'internet et des technologies de la communication, censés améliorer les modes de vie sans détruire de ressources naturelles, risque rapidement, sauf changement non prévisible à ce jour, d'épuiser les ressources en terres rares indispensables à la production des matériels. Voir https://fr.wikipedia.org/wiki/Terre_rare

Référence

A good life for all within planetary boundaries  5 fev 2018

Abstract

Humanity faces the challenge of how to achieve a high quality of life for over 7 billion people without destabilizing critical planetary processes. Using indicators designed to measure a 'safe and just' development space, we quantify the resource use associated with meeting basic human needs, and compare this to downscaled planetary boundaries for over 150 nations. We find that no country meets basic needs for its citizens at a globally sustainable level of resource use. Physical needs such as nutrition, sanitation, access to electricity and the elimination of extreme poverty could likely be met for all people without transgressing planetary boundaries. However, the universal achievement of more qualitative goals (for example, high life satisfaction) would require a level of resource use that is 2–6 times the sustainable level, based on current relationships. Strategies to improve physical and social provisioning systems, with a focus on sufficiency and equity, have the potential to move nations towards sustainability, but the challenge remains substantial.

https://www.nature.com/articles/s41893-018-0021-4

 

06/02/2018
Vos réactions
Dernières réactions
Actuellement, pas de réaction sur cet article!
Votre réaction
Vérification anti-spam
Nom/pseudo*


Email*


Titre*


Commentaire*


* champs obligatoires
Europe Solidaire