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Memo Nunes ou FISA. Le FBI contre Donald Trump

Tous les milieux politiques américains, relayés par les médias, discutent aujourd'hui de ce que l'on nomme le FISA Review ou Nunes memo. Ce document de quatre page, rédige par Devin Nunes, allié de Donald Trump, et président de la commission du renseignement à la Chambre, met en cause les méthodes du FBI.

Il existe depuis 1978 une d'une Cour fédérale dite l' United States Foreign Intelligence Surveillance Court créée en 1978 par le  Foreign Intelligence Surveillance Act ou FISA. Elle a été mandatée récemment pour surveiller les refus d'appliquer les mandats destinés à la surveillance électronique des activités susceptibles de nuire à la sécurité des Etats-Unis, dits FISA warrants. Ces mandats sont exécutés sans procédure contradictoire par trois juges fédéraux. Leurs résultats sont généralement tenus secrets.

Or le mémo dit FISA vient d'accuser les hauts fonctionnaires du ministère de la Justice d'utiliser de manière inappropriée des recherches partisanes sur les conditions de l'élection de Donald Trump. Il s'agissait de nuire gravement à celui-ci en prétendant révéler que son élection avait été due à des ingérences russes dans sa campagne – ce que Moscou avait immédiatement démenti. C'était Hillary Clinton et le Comité National Démocrate en charge de son élection qui avaient lancé cette accusation. Or depuis plus d'un an maintenant les recherches assidues du FBI et de la CIA n'avaient rien pu prouver de tel.

Selon le document, les origines politiques du dossier – payées par Hillary Clinton et le Comité national démocrate (DNC) – n'ont pas été révélées au tribunal secret qui avait signé la demande de mandat de surveillance. Le mémo laisse entendre que sans ces interventions politiques aucune accusation n'aurait été lancés contre la Russie et le comité électoral de Trump.

C'est pourquoi Donald Trump a exigé la publication du mémo, tenu jusqu'ici secret. Il a donc décidé de au l'autoriser. Il est convaincu que révéler le contenu de ce mémo discréditera l'enquête du procureur Mueller sur les ingérences russes dans sa campagne.

On peut donc aujourd'hui accéder au mémo dans son intégralité. Voir http://www.washingtonexaminer.com/fisa-memo-full-text/article/2647942. Voir aussi https://edition.cnn.com/2018/02/02/politics/fbi-nunes-memo-full/index.html

Comme il fallait s'y attendre le FBI et le numéro deux du département de la Justice s'y étaient totalement opposés. Pour la première fois, le directeur du FBI Christopher Wray s'était même affronté ouvertement à Donald Trump qui l'avait nommé, arguant que la publication du mémo mettrait en jeu la sécurité de l'Etat. Certains élus républicains étaient également réticents. Les démocrates estiment eux que le mémo a été rédigé par Devin Nunes dans le seul but de nuire à l'enquête du procureur Mueller concernant de prétendues ingérences russes. Ils dénoncent une opération purement politique.

Cette affaire met en évidence l'existence d'interventions permanentes de la communauté du renseignement dans la vie politique américaine, allant aujourd'hui jusqu'à rechercher la destitution d'un Prédisent qui n'applique pas à la lettre leurs injonctions. L'on pourrait s'étonner de voir que l'Etat profond américain recherche encore le départ d'un Donald Trump qui depuis des semaines s'est ingénié à tenir compte de leurs injonctions hostiles à la Russie et la Corée du Nord. Sans doute craint-on encore dans les milieux du renseignement qu'un revirement inattendu de Donald Trump, présenté comme fantasque et irresponsable, ne remette en cause son récent engagement anti-russe. Plus tôt il sera remplacé par une créature au service de l'Etat profond , mieux cela vaudra.

On peut espérer que les ingérences de services secrets aux ordres des Etats-Unis dans la vie politique des Etats européens ne prennent pas cette importance. Mais jusqu'ici rien ne permet de s'en assurer, puisque les gouvernements européens suivent à la lettre les instructions de Washington.


 

04/02/2018
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