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Corée du Nord: Corée du Sud, oui. Washington, non

Essayons de résumer ici la situation complexe où se trouvent les projets de rapprochement entre la Corée du Nord et celle du Sud.

Dans un premier temps, le jour du Nouvel An, le dirigeant nord-coréen Kim Jong-un avait déjà évoqué une possible participation aux Jeux Olympiques d'hiver qui se tiendront en Corée du Sud à Pyeongchang du 9 au 25 février. Ceci avait été à juste titre perçu comme la volonté de PyongYang se rapprocher de Séoul, au moment où Donald Trump faisait savoir en toutes occasions possibles son intention d'attaquer militairement la Corée du Nord si elle n'abandonnait pas immédiatement ses essais en matière d'engins balistiques et de bombe nucléaire.

Cette participation a été actée le 9 janvier. au cours d'entretiens entre des délégations de haut niveau représentant les deux pays (voir http://www.leparisien.fr/international/pyongyang-pret-a-envoyer-une-delegation-aux-jo-en-coree-du-sud-09-01-2018-7490325.php). Mais la rencontre a permis une discussion beaucoup plus large. Les deux délégations se sont mises d'accord sur la nécessité de se rencontrer à nouveau pour résoudre les problèmes entre les deux Corées et prévenir un éventuel conflit entre elles. Celui-ci serait catastrophique pour Séoul, menacée en permanence par l'artillerie nord Coréenne établies à la frontière.

Néanmoins la délégation nord-coréenne a prévenu que ces rencontres ne pourraient en aucun cas discuter des programmes militaires de Pyongyang. Ceux-ci ne visent en effet aucunement le voisin du sud, non plus que la Chine ou la Russie, mais exclusivement les Etats-Unis. Ils sont, a dit le négociateur nord-coréen Ri Son Gwon, vitaux pour empêcher une attaque américaine qui tenterait, selon l'expression de Trump, à rayer la Corée du Nord de la carte.

Comme par hasard, au même moment, le Wall Street Journal laissait filtrer l'information selon laquelle la Maison Blanche et les généraux américains au pouvoir recommandaient fortement une attaque « chirurgicalee » qui viserait à détruire certains centres stratégiques nord coréens et si possible Kim Jong Un lui-même. https://www.wsj.com/articles/amid-signs-of-a-thaw-in-north-korea-tensions-bubble-up-1515427541

C'est ce que Trump avait nommé un fort coup de boxe sur le nez, « bloody nose approach ». L'information visait manifestement à avertir non seulement Kim Jong Un, mais le président de la Corée du Sud, Moon Jae-in, jugé à Washington comme trop conciliant.

Pour lors, celui-ci par la voix de son ministre de la Réunification, s'est dit confiant dans le fait que le dialogue entre les deux Corées pourrait conduire à une « solution fondamentale » de la question nucléaire. « Nous nous coordonnerons étroitement avec les Etats-Unis, la Chine, le Japon dans ce but ». Il a ajouté qu'il avait demandé à la Corée du Nord d'agir afin de diminuer la tension.

Ce ne sont, selon nous, que des paroles destinées à favoriser la poursuite d'un rapprochement entre les deux Corées, visant à empêcher la destruction de celle du Sud qui résulterait d'une guerre devenant nécessairement nucléaire entre  Pyong Yang et Washington. Donald Trmp devrait nécessairement prendre acte du fait que le « grand allié » Sud Coréen commence à refuser de le suivre dans tous ses excès.

Cette nouvelle attitude de Séoul devrait dans un premier temps parfaitement convenir tant à Pékin qu'à Moscou.

 

 

10/01/2018
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