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Un Commissariat aux Plans de Coopération franco-algérienne

Emmanuel Macron a effectué en Algérie le 6 décembre 2017 une visite relativement rapide qualifiée de « visite de travail et d'amitié ». Le format de la visite d'Etat n'a pas été retenu, sans doute vu la santé du président Bouteflika qui ne lui aurait pas permis de faire face aux lourdeurs protocolaires d'une telle visite.

En dehors de l'inévitable évocation de la colonisation française en Algérie, dont les aspects positifs pour un pays qui au milieu du 19e siècle ignorait la révolution industrielle et culturelle commençant à bouleverse l'Europe ne seront pas évoqués, la visite a permis d'évoquer deux dossier, celui de l'économie et celui de la sécurité régionale contre le terrorisme.

Nous reviendrons pas ici sur les question de sécurité, liées notamment à la répression du djihadisme islamique, djihadisme extérieur et de plus en plus interne. Disons quelques mots de la question économique

Celle-ci est évidemment fondamentale pour l'Algérie. Elle voit diminuer la « rente pétrolière », tant du fait de la baisse du prix du pétrole que de l'assèchement progressif de ses réserves connues. Les recettes du pétrole et du gaz, qui représentent 98% des exportations et pèsent 50% du PIB, ont sombré de 73 milliards à 30 milliards.

Or pour différentes raisons, bien connues mais que nous ne rappellerons pas ici, l'Algérie n'a pas su se donner des activités économiques de substitution qui lui auraient permis de maintenir son PIB et de créer de nouveaux emplois sur place. Pourtant, les domaines ne manquent pas: développement de l'agriculture, exploration et exploitation des considérables réserves de matière premières que recèle le pays, notamment l'Algérie saharienne. Mais c'est dans le domaine des énergies renouvelables que l'Algérie pourrait se donner un rôle bien plus important que l'actuel. On pense à l'énergie liée à l'exploitation des courants marins, aux biotechnologies mais surtout à l'énergie solaire.

On mentionnera aussi les activités liées à la numérisation. Celles-ci ne demandent pas beaucoup d'investisements, dès que l'on dispôse de la matière grise nécessaire. Or les étudiants algériens formés en France à ces questions ne manquent pas. Encore faudrait-il qu'ils acceptent de revenir au pays pour y travailler.

Emmanuel Macron est venu à Alger accompagné de chefs d'entreprise diversifiées. Ainsi Xavier Niel, patron de Free, Bruno Blin, président de Renault Trucks, Racem Flazei, co-fondateur et président de la start-up LegalPlace, Aicha Mokdahi, présidente d'Essilor Vision Foundation entre autres. Mais il n'est pas sûr que les responsables algériens aient la même conception des apports des entreprises françaises que celles-ci. Pour elles, il faut développer les investissements en Algérie même et non promettre des emplois en France à l'immigration algérienne.

Apports algériens

Or investir en Algérie suppose que celle-ci apporte sa contribution, notamment en ce qui concerne les financements et la sécurité. Or les financements ne seraient possibles qu'avec un renforcement de l'austérité, ou plus exactement une diminution de la consommation excessive, pour ne pas dire le gaspillage qui sont le fait des élites algériennes.

La sécurité tient évidemment à la protection des investissement industriels contre les attentats. Cette protection demandera des moyens de plus en plus considérables vu la configuration du pays. Mais la sécurité en matière économique tient aussi à la répression de la corruption. Or dans ce domaine, l'Algérie se classe au 108 ème rang mondial pour Transparency International. Macron ne pourra évidemment pas le dire, mais c'est au niveau des sphères gouvernementales et des responsables administratifs que la corruption sévit le plus. L'Algérie ne se différencie guère en ce domaine de beaucoup de pays d'Afrique et d'Amérique latine, où les investisseurs étrangers doivent avoir le carnet de chèque ouvert en permanence.

Un Commissariat aux Plans de Coopération franco-algérienne

Pour créer les dialogues publics qui seraient nécessaires autour de ces questions, la vieille solution du recours à un Commissariat franco-algérien aux plans de coopération, ouvert largement aux médias, devrait permettre, au delà des visites protocolaires, de progresser concrètement. et avec un minimum de transparence et de débats constructifs;


 


 

06/12/2017
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