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Barzani, dit le Seigneur des Montagnes, a démissionné

Le président Massud Barzani vient d'annoncer sa démission le 29/10. Il avait créé en Irak la Région autonome kurde, suscitant de nombreuses inquiétudes dans tous les Etats disposant de province à majorité kurde : Irak d'abord, mais aussi en particulier Iran et Turquie.

Barzani était le fils du leader nationaliste kurde Mullah Mustafa Barzani et le chef du Parti Démocratique Kurde (Kurdistan Democratic Party ou KDP) qu'il dirigeait habilement depuis 1979. Les analystes jugent que son erreur fut d'organiser le 25 septembre un référendum sur l'indépendance, tenu malgré l'opposition de Bagdad. Il semble qu'il l'avait largement gagné.

Pour éviter que la Région Autonome ne s'appuie sur ce résultat pour déclarer son indépendance, les forces gouvernementales irakiennes avaient mis en place une opération d'encerclement s'opposant aux combattants kurdes réputés, les peshmergas, avec lesquels elles étaient théoriquement alliées dans la lutte contre l'Etat Islamique. Elles avaient repris possession des territoires et puits de pétrole autour de la province de Kirkuk. Ceci avait considérablement affaibli les kurdes qui comptaient sur la vente de pétrole pour financer leurs activités autonomistes.

Les adversaires de Barzani au sein du parlement kurde de la Province Autonome lui en avaient imputé la responsabilité et exigé sa démission. Ils lui retirèrent les pouvoirs législatif, exécutif et judiciaire dont il disposait encore. Le KDP, instrument de Barzani, s'en est retrouvé isolé. Au contraire, l'Union Patriotique du Kurdistan (Union of Kurdistan PUK), parti de l'ancien président Irakien Jalal Talabani, s'en est trouvé renforcée

Manque d'audace

Après avoir gagné le referendum, Barzani eut sans doute le tort de ne pas déclarer immédiatement l'indépendance. Au contraire, par peur des troubles, voire d'un possible début de guerre civile, il avait appelé à des négociations avec le gouvernement central. En fait de négociations, celui-ci avait immédiatement décidé le 29 septembre d'interrompre pour une durée indéterminée les liaisons aériennes entre le Kurdistan et les pays voisins.

Les Etats-Unis déclarèrent qu'ils ne reconnaissaient pas le référendum, jugeant sans doute Barzani trop affaibli pour s'appuyer sur lui afin de rétablir leur autorité dans la région. Dans le même  temps, les Iraniens et les Irakiens avaient organisé des manœuvres militaires conjointes à la frontière du Kurdistan.

Le 11 octobre, un tribunal irakien avait décidé d'incarcérer les membres de la commission qui avaient organisé le référendum.

Les peshmergas en réponse avaient bloqué les routes entre le Kurdistan et la ville de Mossoul. Mais ils ne furent pas capables d'arrêter les opérations irakiennes contre Kirkuk, et la prise de celle-ci, mentionnées ci-dessus.

En conséquence, le Parlement kurde devenu hostile à Barzani, considéré comme le responsable de tous ces échecs, l'avaient privé de ses pouvoirs. Il ne restait plus à celui-ci que démissionner, avant d'être probablement arrêté.

Bien que les situations soient très différentes, on ne pourra pas s'empêcher de comparer le sort de Barzani et celui de Puigdemont en Catalogne. Tous deux commirent l'erreur de ne pas déclarer immédiatement l'indépendance, dès connus les résultats des référendums, et ce quelles que puissent être les risques politiques résultant d'une telle décision.

31/10/2017
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Nombre de réaction(s) : 1
Les Kurdes d'Irak renoncent officiellement à l'indépendance
14/11/2017 20:13:56 | Par : jpb
Lire à la date du 14/11
http://theduran.com/game-iraqi-kurds-renounce-secession-claims-will-remain-part-iraq/

C'est ce qu'ont déjà fait plus discrètement les indépendantistes catalans
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