Sorti ce jour même en librairie des presses des éditions Fayard, l'ouvrage de Crésus – pseudonyme de l'ancien directeur général d'une très grande banque française – est remarquable à plusieurs titres. Tout d'abord, écrit d'une manière alerte, il se lit d'une seule traite comme un bon roman policier ; ensuite, pour qui connaît quelque peu les milieux financiers, il est saisissant de réalisme ; enfin, ce qu'il dévoile fait froid dans le dos sur la manière dont sont gérés nos grands établissements bancaires qui aujourd'hui - à cause de l'aveuglement, de l'incompétence, de la suffisance et de la cupidité de leurs dirigeants - sont partis véritablement droit dans le mur.
Ce tableau d'une grande banque française, hybride entre la Société Générale, BNP Paribas et Dexia, démontre d'une manière fort convaincante que nos établissements nationaux n'ont vraiment rien à envier à leurs homologues américains en matière de turpitudes, et ce contrairement à ce que prétendent de concert la Fédération des Banques Françaises et notre Ministre des Finances, Mme Lagarde.
En pratique, ce livre a été écrit par un ancien acteur majeur du système, visiblement écœuré par le rôle de bouc émissaire qu'on a voulu lui faire jouer en le virant en période de crise (on pense à vrai dire en premier lieu à Philippe Citerne, ancien DG de la Société Générale, remercié à la suite de l'affaire Kerviel car simple ingénieur de l'Ecole Centrale).
Très concrètement, ce récit haletant nous conforte dans l'idée que – malgré le rôle de Cassandre qui nous a souvent été reproché – nous étions finalement plutôt optimistes et naïfs sur l'état réel du système « banque/assurance » ; à la lecture de ce livre, un seul conseil vient à l'esprit, comme dirait Woody Allen: « prends l'oseille et tire-toi !».
Conclusion : il est totalement imprudent aujourd'hui de laisser son argent à la banque ou dans des placements d'assurance-vie, car désormais malheureusement, plus rien ne peut empêcher le système de sauter dans les mois qui viennent...