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Référendum en Catalogne. Les réserves de l'extrême gauche espagnole.

Bien que les résultats du référendum n'aient pas encore été officiellement annoncés par le gouvernement catalan séparatiste, il semble au 02/10 que 80% à 90% des électeurs ayant réussi à s'exprimer malgré les violents barrages de la police espagnole se sont dits favorables à l'indépendance.
Il s'agit d'une nette défaite pour le Parti Populaire de Mariano Rajoy, qui avait pourtant envoyé en Catalogne plus de 16.000 policiers. Les violences de ceux-ci à l'égard des votants ont fait le tour des média. Au moins 800 personnes ont été blessées, comprenant un certain nombre de personnes âgées. Ces évènements ont rappelé la répression sauvage du gouvernement de Franco à l'égard des autonomistes et socialistes catalans.

Dans l'immédiat, le chef du gouvernement catalan Carles Puigdemont s'est donné quelques jours avant d'annoncer sa décision: soit déclarer unilatéralement l'Indépendance, soit entreprendre des négociations avec Madrid. Mais on ne voit pas où celles-ci pourraient mener, vu l'opposition radicale du gouvernement espagnol. Celui-ci est conforté dans son attitude par la Commission européenne et les chefs d'Etat de plusieurs pays, dont la France.

Les droites au pouvoir à Bruxelles et dans ces Etats ne veulent pas qu'en cas de sécession, entrainant quasi automatiquement une sortie de l'Union, l'exemple catalan encourage des mouvement sécessionnistes à demander l'indépendance de diverses provinces en conflit larvé avec les gouvernements centraux. Ce serait certainement le cas en Italie. En France, bien que peu probable, le même phénomène a été évoqué concernant la Corse.

Derrière l'UE et les gouvernements européens joue aussi de façon relativement discrète mais bien déterminée et bien pourvue en dollars les représentants de Washington. Comme nous l'avons souvent exposé, celui-ci a toujours considéré une UE façonnée et dirigée selon ses souhaits comme le meilleur rempart possible contre l'influence grandissante de la Russie. Ceci non seulement au plan civil mais au plan militaire, à travers l'Otan. L'Union actuelle se dispersant en un certain nombre de petits Etats indépendant ne serait pas aussi facilement contrôlable.

Il faut noter que la gauche de la gauche, en Espagne comme dans d'autres pays, considère non sans de bons arguments que l'indépendantisme catalan est beaucoup le résultat du refus des classes dirigeantes de la province pour, selon la formule employée sans vergogne, continuer à payer pour les provinces pauvres. Celles-ci ne disposent pas des mêmes ressources que la Catalogne, mais elles sont aussi accusées de laxisme voire de paresse par la bourgeoisie d'affaire.

Contre le séparatisme en Espagne, on pourra lire ci-dessous un manifeste daté 30 septembre 2017 émanant du Comité International de la 4e Internationale se revendiquant du trotskisme. Son audience est faible en Europe, mais le point de vue exprimé est souvent repris par d'autres organisations représentant la gauche de la gauche. 1); Ceci dit, l'union des classes ouvrières européennes, évoquée par ce manifeste, parait encore une utopie.

1) For working class unity! No to separatism in Spain!
Statement of the International Committee of the Fourth International
30 September 2017
http://www.wsws.org/en/articles/2017/09/30/cata-s30.html

02/10/2017
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