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Macron devant le Mur allemand

Apparemment, Emmanuel Macron, dans son exposé du 26/10 à la Sorbonne concernant ses projets européens, n'a pas voulu prendre en compte les résultats des élections allemandes du 24. Il continue avec quelques réserves de forme à développer une stratégie « européiste » en comptant sans doute sur l'appui d'Angela Merkel.
Est-ce étonnant? Nous avons plusieurs fois ici indiqué que Macron avait été élu grâce à un large appui, notamment financier, des milieux bancaires et boursiers américains. Ceux-ci, comme en arrière-plan le Pentagone, comptent sur lui pour revivifier un projet d'Union européenne UE en déliquescence dans de nombreux pays.L'UE a toujours été et reste considérée par l'Empire américain comme une barrière face à une Russie qui monte en puissance. Macron ne peut donc pas trahir ses mandants.

La Chancelère Merkel, avant les dernières élections allemandes, lui avait apporté du bout des lèvres son soutien. Mais aujourd'hui, réélue de justesse et face à des partis allemands résolument antieuropéistes, il est quasiment certain qu'elle ne lui renouvellera pas ce soutien.

Dans un excellent article, auquel nous renvoyons le lecteur 2), Alexander Mercouris explique pourquoi ce refus prévisible. D'une part les élections ont permis au parti dit d'extrême droire allemand AFD d'acquérir une position stratégique pour l'avenir, mais la « Grande Coalition » CDU/CSU, appuyée par le SPD de gauche, sur laquelle Angela Merkel s'appuyait pour gouverner a subi une défaite certaine. A tort ou à raison, beaucoup de commentateurs attribuent cette défaite à l'incapacité de cette coalition à prendre du recul avec l'UE, même si celle-ci est devenue au fil des mois une « Union allemande ». Merkel pour gouverner devra s'appuyer sur des majorités hétéroclites dont la fibre européenne n'est pas évidente.

Macron va donc au plan européen, et en dépit du soutien américain, se retrouver seul avec sa stratégie européiste fondée en partie sur une convergence avec Angela Merkel. Va-t-il persévérer, avec des risques de rejets de plus en plus forts, tant de la part des Allemands et des autres européens, que de l'opinion française elle-même?

Cette opinion va découvrir rapidement que pour acheter le soutien des Allemands, Macron n'a pas hésité à leur vendre ce qui restait de « fleurons » dans l'industrie française. Après Airbus, de plus en plus abandonné au capital allemand, c'est le cas aujourd'hui d'un autre orgueil français, le TGV. L'entreprise industrielle française Alstom qui en assure la conception et la production, vient de passer, de fait sinon de droit, sous le contrôle complet de Siemens. Macron le sait et a encouragé l'abandon, pour des raisons que nous ne pouvons décrypter ici, mais où le souci de construire une grande entreprise européenne, compétitive face aux Chinois, n'est sans doute pas intervenu en premier.

Références

1) Selon La Dépèche du 26/10

A la Sorbonne, devant les étudiants français et étrangers, le président français proposera une série de "projets-clés" à l'échelle européenne ainsi qu'une méthode pour élaborer, d'ici à l'été 2018, une feuille de route de l'Union européenne sur 10 ans, a expliqué le palais présidentiel de l'Élysée.

Il détaillera notamment son projet d'une Europe à plusieurs formats, afin de surmonter la lourdeur des décisions à l'unanimité des 27. Objectif: que, sur chaque sujet, l'UE avance avec les pays qui le souhaitent "sans que les pays qui ne le voudraient pas empêchent les autres d'avancer".

S'il a esquissé durant l'été plusieurs de ses initiatives, M. Macron a tenu à attendre la fin des élections allemandes pour ouvrir cette "nouvelle page" de l'UE.

2. German election: first assessment – Germany shifts right


26/09/2017
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