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Armer les 4 drones Reaper français. Très bien si Washington l'autorise

Nous lisons dans la presse du 05/09: « La ministre des Armées, Florence Parly, a annoncé mardi 5 sept sa décision de doter d'armement les Reapers français, qui ne servaient jusque-là qu'au renseignement. L'Hexagone doit encore obtenir l'autorisation de Washington. »
 «Le processus d'armement est lancé», a déclaré la Ministre depuis Toulon, en conclusion de l'université d'été de la Défense qui réunit militaires, industriels et parlementaires. Jusqu'ici, ces engins pilotés à distance servaient uniquement à des missions de renseignement.

Quelques observations s'imposent:

  • Il n'était que temps de voir la France prendre une décision que tous les pays possesseurs de drones dits Male (moyenne altitude longue endurance) ont prise depuis longtemps. Obama s'était ainsi flatté de pouvoir mener la guerre contre le terrorisme au Moyen-Orient sans avoir à faire appel à l'aviation ni à des troupes au sol – ce qu'il n'a d'ailleurs pas fait totalement.

  • La France ne dispose que de 4 drones américains Reaper. Les armer ne provoquera pas la panique dans les rangs des islamistes. Il en faudrait beaucoup plus, vu la taille des théâtres d'opération, au Sahel et au Moyen Orient.

  • Comme ces drones ont été acquis de l'industriel américain General Atomics en 2013, et directement prélevés sur les stocks de l'US Air Force, leur utilisation par l'armée de l'air française nécessite donc l'accord du Congrès américain. Prions donc celui-ci d'être compréhensif.

  • La France, qui se flatte à juste titre d'avoir avec le Rafale un des meilleurs avions de combat du monde, et qui dispose d'une industrie aéronautique performante, avec Dassault et Airbus, a, par courte vue sans doute, été incapable de voir le rôle stratégique et économique des drones MALE. Avec des budgets très limités, au regard de ceux de l'aviation de combat, elle aurait pu depuis quelques mois, sinon quelques années déjà, disposer d'un important effectif de drones analogues à l'américain Reaper ou à d'autres très voisins. Elle aurait pu également créer les emplois nécessaires, dans une branche menacée aujourd'hui par le chômage. Elle pouvait le faire sans autorisation de l'Union européenne, car il aurait s'agit en l'espèce de matériels de guerre.

  • Lorsque enfin les Européens, France, Allemagne, Italie, Espagne, se sont avisés du besoin, ils se sont engagé dans une coopération industrielle qui ne permettra d'obtenir des drones opérationnels de type MALE qu'aux dates absolument dérisoires de 2025. Ceci en raison de leur difficulté à s'entendre sur des spécifications et industriels communs. Là encore, tremblez djihadistes.

  • Enfin, il conviendrait dès maintenant d'étudier les besoins et les caractéristiques intéressant les futurs drones de la prochaine génération, capables grâce à l'intelligence artificielle de prendre individuellement ou en groupe, des décisions de combat sans avoir à faire appel systématiquement aux opérateurs humains. Américains et Russes multiplient les projets dans ce domaine. Mais vous n'y pensez pas, clament à l'unisson en Europe les organisations de défense des droits de l'homme.

06/09/2017
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