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Israël dans une impasse

Israël a toujours considéré l'Iran comme représentant une menace existentielle pour sa survie. Ceci peut se défendre en principe, compte tenu du fait que les différents ayatollahs au pouvoir à Téhéran ont toujours affirmé qu'Israël n'avait pas sa place au Moyen Orient et devait donc être détruite. Sous une forme un peu moins péremptoire, l'actuel président iranien Hassan Rouhani tient le même discours.
Ceci dit, le premier ministre israélien Benjamin Netanyahu ne peut pas prendre au sérieux une telle menace, sachant bien qu'il dispose d'une arme nucléaire et pourrait à la moindre action sérieuse détruire entièrement l'Iran. Il sait aussi que ses alliés occidentaux, notamment les Etats-Unis, ne laisseraient pas faire l'Iran.

L'on peut donc se demander pour quelle raison Benjamin Netanyahu, ayant demandé à rencontrer Vladimir Poutine et reçu par lui le 23 août à Sotchi, station balnéaire sur les rives de la mer Noire, a jugé utile de dénoncer le renforcement de la présence iranienne en Syrie . «L'Iran fait d'énormes efforts pour renforcer sa présence en Syrie, a-t-il assuré. "Cela représente une menace pour Israël, pour le Moyen-Orient et pour le monde entier».

Il ne peut pas ignorer que l'Iran est, avec la Russie, l'un des principaux alliés du président syrien Bashar al Assad. Moscou espère constituer, avec la Syrie et l'Iran, un pont chiite dans la région, s'opposant à l'extension des régimes arabes sunnites soutenus par Washington. Il ne peut raisonnablement espérer que Moscou renonce à cette orientation stratégique de première importance.

Concernant la lutte contre le groupe Etat Islamique (EI), Benjamin Netanyahu a jugé "très importants" les efforts internationaux, dont ceux de Moscou, visant à combattre l'EI. "Mais ce qui est négatif, c'est que l'Iran s'implante là où l'on a vaincu l'EI", a-t-il déclaré à Vladimir Poutine

Cependant, depuis le début de la guerre en Syrie en 2011, Israël n'a pas manifesté la moindre intention de participer à la lutte contre l'EI, sauf pour la défense de ses propres frontières.  Au contraire, il a frappé ponctuellement des convois à destination du Hezbollah libanais, allié de l'Iran, considéré par Israël comme auteur d'agressions contre lui. Il a, plus grave, bombardé plusieurs fois des positions des forces régulières syriennes, s'opposant ainsi directement au gouvernement de Damas allié de la Russie.

A cette heure, nous n'avons pas d'information concernant les réponses de Poutine à Netanyahu, en dehors des sourires de rigueur échangés. L'on peut néanmoins supposer que Poutine a réaffirmé son intention de poursuivre une alliance prometteuse avec l'Iran. Sans doute a-t-il seulement assuré à Netanyahu qu'il ne laisserait pas l'Iran, si l'envie lui en prenait, engager des opérations militaires contre Jérusalem.

Sur le fond, la démarche de Netanyahu auprès de Poutine a montré qu'Israël était désormais dans une impasse. Il ne pourra pas s'en prendre directement à l'Iran non plus qu'a la Syrie. Ceci d'autant plus que les moyens d'action de Washington, son principal allié dans la région paraissent de plus en plus limités. Il devra, pensons-nous, accepter bon gré mal gré la présence à ses frontières d'une Iran assagie par les pressions russes.

A terme, pour sortir de cette impasse, il devra envisager concrètement avec Moscou les nombreux domaines stratégiques dans lequel une coopération russo-israélienne pourra se développer à l'avantage des deux parties. C'est d'ailleurs ce que les nombreux israéliens d'origine russe, ayant continué à entretenir de bonnes relations avec la mère-patrie, lui ont toujours demandé de faire. Ceci ne fera pas plaisir au lobby juif aux Etats-Unis, l'AIPAC. Mais ce dernier devra l'accepter.

24/08/2017
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