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L'armée américaine s'implante durablement en Afghanistan

Donald Trump a présenté le 21/08, sur une base de l'armée américaine à Fort Myer, sa stratégie pour l'Afghanistan. Allait-il céder aux « pacifistes », dont le représentant était à la Maison Blanche Steve Bannon, en organisant le retrait militaire de l'Afghanistan? Allait-il céder aux militaires qui ont toujours voulu maintenir une présence armée dans cette région stratégique?
Nul ne pouvait douter de sa décision, compte tenu du fait qu'il est désormais devenu une « puppet » manipulé par les généraux exerçant dorénavant le pouvoir à Washington. Or, si la guerre en Afghanistan est, selon les termes de Trump, « la plus longue guerre de l'histoire américaine », si quelque 2.400 soldats américains sont morts en Afghanistan depuis 2001, et plus de 20.000 y ont été blessés, ce n'est pas sans raison.

Pour le complexe militaro-industriel qui a toujours imposé ses choix aux présidents américains, c'est d'abord parce que l'Afghanistan comporte de considérables réserves en matières premières, encore inexploitées, qu'il ne serait pas admissible d'abandonner au Pakistan, à la Chine voire à la Russie. C'est ensuite et surtout parce que l'Afghanistan est un pays clef situé au centre d'une région comportant à l'ouest l'Iran, au nord les « Stans » qui constituent une frontière avec la Russie et au sud-est le Pakistan. Ne pas maintenir une présence militaire puissante dans ce pays serait pratiquement déclarer que les Etats-Unis capitulaient devant l'alliance irano-russe qui s'était progressivement formée pour résister au renforcement de la pression américaine.

Les Etats-Unis, comme les divers alliés européens qu'ils avaient réussi à entraîner avec eux dans la guerre contre les Talibans afghans, ont toujours affirmé que ceux-ci, soutenus discrètement par le Pakistan, menaçaient de s'emparer de Kaboul et des régions stratégiques du pays. Les laisser faire aurait été, selon eux, une capitulation aux retentissements immenses devant des groupes militaires présentées par eux comme des terroristes islamistes et non comme des combattants pour l'indépendance nationale.

Mais il y a Talibans et Talibans. Les uns promettent aujourd'hui la désolation et la mort aux Américains.  Mais parmi d'autres se trouvent des groupes ayant depuis longtemps été financés par la CIA pour faciliter les actions secrètes menées par l'Armée américaine, tant à Kaboul que dans les pays voisins. Nous avons dans un article précédent montré comment, avec l'aide d'hélicoptères non identifiés fournis nécessairement par l'armée afghane ou par l'Otan, des combattants eux-mêmes anonymes avaient commis récemment un massacre de Chiites Hazara dans la province de Sar-e-Pol au nord de Afghanistan, non loin de l'Iran. Or les Hazaras se rattachent culturellement à l'Iran. Ces combattants non identifiés étaient nécessairement des militaires de l'Armée afghane passés aux Talibans ou des Talibans et combattants islamistes assimilés.

L'Etat islamique

Derrière ceux-ci se trouve depuis quelques mois l'Etat islamique (EI). Celui-ci a compris quel atout représentait des combattants islamistes basés en Afghanistan et pouvant mener des attentats tant en Iran qu'en Russie et en Europe. De leur coté, la CIA et autres services secrets américains qui ont toujours soutenu l'EI n'ont jamais renoncé à aider voire organiser des actions terroristes menées par celle-ci au Moyen-Orient, en Iran ou chez les « Stans ». Ne pas maintenir une présence de militaires américains solidement implantés en Afghanistan, disposant d'autant de dollars que nécessaire pour financer les combattants de l'EI, aurait été pratiquement renoncer à ces formes d'actions indispensables au maintien de l'influence américaine face l'influence grandissante de la Russie.

Aussi, comme il fallait s'y attendre, Donald Trump a annoncé le 21/08 que les Etats-Unis allaient non seulement poursuivre, mais augmenter leur présence armée en Afghanistan. Il a certes refusé de dévoiler ses intentions militaires. « Nous ne parlerons pas du nombre de soldats » car « les ennemis de l'Amérique ne doivent jamais connaître nos projets ». Mais, selon des responsables de la Maison Blanche, Donald Trump a autorisé le Pentagone à déployer jusqu'à 3.900 soldats supplémentaires.

Par ailleurs, il a averti le Pakistan qu'il a défini comme « étant souvent un refuge pour les agents du chaos, de la violence et de la terreur ». Le Pakistan a « beaucoup à perdre s'il continue à abriter des criminels et des terroristes », déstabilisant l'Afghanistan, a-t-il affirmé. « Cela doit changer et cela va changer immédiatement ! »

Ce ne sont pas 3.900 soldats supplémentaires en Afghanistan qui devraient effrayer le Pakistan, puissance nucléaire. Le Pentagone a nécessairement en projet des actions militaires sensiblement plus importantes contre le Pakistan, s'exerçant notamment à partir de l'Afghanistan. Ceci voudrait-il dire que pour les généraux américains, il faudrait nécessairement dans les prochains mois mettre en place une base militaire puissante en Afghanistan, dotée de moyens aériens et terrestres susceptibles d'être pris au sérieux, non seulement par le Pakistan mais par l'Iran et la Russie?  Ce serait donc ainsi un puissant fer de lance américain qui commencerait  à se mettre en place au coeur de l'Eurasie russe.

Là encore, il faut se demander comment réagira Vladimir Poutine.

Note.

On trouvera ici la retransciption complète du discours de Trump (à la fin de l'article de The Duran)

http://theduran.com/4000-troop-surge-as-trump-takes-full-ownership-of-afghanistan-war/


22/08/2017
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