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Venezuela. Jusqu'à quand laisserons-nous Trump menacer de guerre une moitié du monde ?

Ce « nous » désigne en premier lieu les pays européens, qui auraient tout à perdre si Trump, comme il le menace, voulait détruire la Corée du Nord et s'attaquer à la Chine. Mais la question intéresse tout autant la Chine elle-même, bien évidemment, mais surtout Vladimir Poutine en Russie. Sa mansuétude persistante à l'égard de Trump commence à lui susciter de plus en plus d'opposants à Moscou.

Or on vient d'apprendre que Donald Trump a menacé d'intervenir militairement au Venezuela de Nicolas Maduro, sous le  prétexte que « des gens y souffrent ou meurent » à la suite d'un prétendu coup d'Etat de ce dernier 1).

Il n'échappera à personne d'un peu informé que derrière Trump, c'est le puissant lobby pétrolier américain qui espère réaliser enfin sa volonté de mettre la main sur les considérables réserves pétrolières et gazières du pays. Plusieurs fois, les intérêts économiques et militaires des Etats-Unis avaient envisagé de faire renverser le précédent président Hugo Chavez, mais les présidents Obama et Bush s'y étaient refusé, de peur d'affronter trop directement la Russie, solide alliée du Venezuela. 2)

Aujourd'hui, s'appuyant sur la véritable ubris (folie) manifestée depuis quelques semaines par un Trump qui semble avoir perdu toute prudence dans le domaine international, les pétroliers américains pensent pouvoir enfin passer à l'action.

Le ministre vénézuélien de la Défense, Vladimir Padrino, a qualifié d'"acte de folie" cette déclaration du président Trump. En cas d'agression, "nous serons tous au premier rang pour défendre les intérêts et la souveraineté de notre Venezuela bien-aimé", a-t-il déclaré.

Peut-être est-il un peu optimiste. La jeunesse de la classe dirigeante vénézuélienne intervient depuis des semaines pour tenter de renverser Maduro, avec l'aide, là encore, de la CIA, y compris en termes de fourniture d'armes. Cependant on peut penser que l'importante majorité de Vénézuéliens constituant les classes pauvres serait en effet prête à défendre, malgré des moyens très insuffisants, leur pays attaqué militairement par les Etats-Unis.

Pour en revenir à notre propos introductif, on ne comprendrait pas que Vladimir Poutine continue à laisser Trump divaguer. Que l'on ne dise pas que le Venezuela  fait partie, en application de la doctrine de Monroe, de la zone exclusive d'influence américaine. Il n'en fait pas plus partie que Cuba, dont la Russie s'est toujours efforcé de défendre l'indépendance.

Mais que pourrait faire Poutine, compte tenu notamment de son infériorité navale dans la zone ? Il serait peu imaginable qu'il menace  le Pentagone d'une riposte militaire de grande ampleur, éventuellement nucléaire. De là à ne rien faire, il y aurait un grand pas. Les puissances du Brics, dont le Venezuela était en train de se rapprocher, disposent d'assez de moyens pour ramener Trump à la raison. Quant à l'Europe, avec l'Espagne et même la France en premier lieu, elle se déshonorerait aux yeux du monde si elle laissait sans réagir Trump renverser militairement le président Vénézuélien.  

Notes

1)      Cf BFMTV du 11/09 http://www.bfmtv.com/international/venezuela-trump-evoque-une-possible-option-militaire-1234574.html

2)      On peut rappeler cependant que la mort de Hugo Chavez avait été attribuée, sans preuves précises il est vrai, à un empoisonnement suscité par la CIA.

12/08/2017
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