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Donald Trump se prépare-t-il à déclarer la guerre à la Chine?

L'amiral Scott Swift, commandant en chef de la flotte américaine dans le Pacifique, a déclaré le 27 juillet, qu'il était près à frapper la Chine si le président Trump lui en donnait l'ordre. La scène s'est passée lors d'une conférence sur la sécurité en Australie, alors que l'un des participants l'interrogeait sur ce que serait son attitude dans le cas où il recevrait instruction de frapper la Chine. Sa réponse avait été sans ambiguïté "The answer would be yes."
 Il était difficile d'obtenir de lui une réponse différente, compte tenu de l'obéissance à laquelle sont tenus les gradés de l'armée américaine, notamment dans leur rôle de défense des Etats-Unis contre les menaces extérieures.

Pour nuancer l'effet de cette déclaration, le porte-parole de la flotte américaine dans le Pacifique, Charlie Brown, a tenu à préciser, une fois la conférence terminée, qu'il s'agissait d'une situation «effroyablement hypothétique». La question de l'intervenant en question était toutefois motivée par le regain de tensions récent entre Washington et Pékin.La veille, le directeur de la CIA, Mike Pompeo, avait déclaré que le Chine représentait la plus grande menace pour les Etats-Unis, devant la Russie et l'Iran.

Cependant, dans les dernières semaines, on avait pu penser que bien avant la Chine, c'était la Corée du Nord qui était menacée d'une attaque américaine, y compris nucléaire. En effet, deux jours auparavant, le général Mark Milley, chef d'Etat-Major de l'US Army, avait déclaré lors d'une conférence tenue par le National Press Club à Washington: “War in the Korean Peninsula would be terrible, however, a nuclear weapon detonating in Los Angeles would be terrible.” « Une guerre contre la Corée du Nord serait terrible, mais une bombe nucléaire coréenne explosant à Los Angeles serait également terrible ». Il avait fait allusion au fait que la Corée du Nord, malgré les demandes pressantes de la Maison Blanche se refusait à arrêter ses développements en matière de bombe atomique et de missiles inter-continentaux.

Précédemment le général Joseph Dunford, président du Joint Chiefs of Staff, avait déclaré qu'une guerre avec la Corée n'était pas inimaginable.. Elle provoquerait cependant « un nombre de morts (Coréens) tel que les militaires ne les avaient pas connus dans le cours de leur vie ». Cependant il serait à courte vue de penser que l'Amérique pourrait craindre une première frappe nucléaire provenant de Pyonyang. Le petit pays qu'est la Corée du Nord sait très bien que celle-ci entrainerait de la part des Etats-Unis une riposte qui l'anéantirait complètement. Kim Jong-un s'était borné à dire que la possession d'une arme atomique le ferait entrer dans le club des Puissances nucléaires et lui éviterait de la part des Etats-Unis le sort qu'ils avaient réservé à l'Irak en 2003 et la Libye de Muammar Kaddafi en 2011. Ceux-ci avaient refusé de se soumettre aux exigences américaines, notamment en matière d'accès aux réserves pétrolières.

Derrière la Corée du Nord, la Chine


En fait, si l'Amérique s'en prenait, comme il est à craindre, à la Corée du Nord afin de l'incapaciter, ce serait parce que ce pays, dès la fin de la guerre de Corée, avait représenté un obstacle pour attaquer directement la Chine. Or la Chine est en train de devenir avec la Russie un des pivots des efforts visant à construire avec de nombreux Etats voisins une zone d'intégration économique pouvant éventuellement mettre des ressources militaires en commun. Cette union eurasienne pourrait ultérieurement présenter des aspects attractifs pour les Etats européens et le Japon.

 La grande peur actuelle des stratèges américains est qu'elle se réalise, privant définitivement l'Amérique de son rang de première puissance mondiale. Une attaque américaine contre la Corée du Nord entrainerait une réponse nécessairement militaire de la Chine. Celle-ci serait soutenue par la Russie. Ce serait ainsi la fin des perspectives russo-chinoise visant à faire de l'Union eurasienne une puissance économique et pacifique attractive.

Si les Etats-Unis avaient à leur tète un Président relativement raisonnable, comme l'étaient Obama et ses prédécesseurs, il y a tout lieu de penser qu'ils ne s'engageraient pas dans les perspectives aussi mutuellement destructrices que serait une guerre contre la Corée du Nord et la Chine. Mais le caractère imprévisible et irrationnel de Donald Trump peut faire craindre qu'il décide à tout moment d'engager un conflit, non seulement commerciale, mais militaire avec la Chine.

Commencer par une guerre contre la Corée du Nord, au prétexte de la menace que représente son ridicule outil nucléaire, serait un bon début. C'est cette guerre contre la Chine que le programme électoral de Trump avait prévu. S'il se sentait menacé de destitution par l'Etat profond américain, comme c'est le cas actuellement, notamment à propos de ses prétendues relations avec la Russie, il pourrait répondre à titre de preuve de son patriotisme en s'en prenant directement à la Chine. Il est vrai que si Hillary Clinton avait été élue, on aurait pu craindre également d'elle, pour des raisons différentes, un semblable coup de folie.
28/07/2017
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