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La censure politique exercée par Google

Peu d'observateurs politiques en France ne prennent au sérieux les mises en garde dont les nôtres selon lesquelles Google serait en passe de devenir un pouvoir mondial dictatorial - ceci sauf dans une certaine mesure en Russie et en Chine où son influence est volontairement limitée par les gouvernements qui mettent en place des moteurs de recherche concurrents.
Rappelons qu'il y a quelques mois, Google s'était attiré toutes les félicitations des bonnes âmes, aux Etats-Unis comme ailleurs, en annonçant qu'il utiliserait désormais ses puissants moyens à lutter contre les fausses informations (fake news). Dans son zèle il avait fait miroiter aux parents la perspective de détecter les messages propageant des contenus pornographiques ou des formes de harcèlement, afin de les rendre inaccessibles.

Pour faire cela, il avait laissé entendre, sans donner beaucoup de précisions, qu'il détecterait les mails supposés contraires aux bonnes moeurs, qu'il rechercherait les sites d'où provenaient ces messages et que, dans la mesure du possible, il empêcherait ses moteurs de recherche de les mettre en tête dans la liste des sites répondant aux requêtes des utilisateurs. La mesure sera efficace, car chacun sait que quiconque formulant une recherche sur un sujet donné ne s'intéresse qu'aux premiers noms cités dans la liste des réponses. Autrement dit, sans heurter ouvertement le « droit » de l'internet, il rendrait pratiquement inaudibles les sites ne figurant pas dans les tous premiers résultats de la recherche. Il utiliserait pour cela des algorithmes dit restrictifs d'accès, dont évidemment il définirait lui-même les modalités et qu'il tiendrait confidentiels pour des raisons de concurrence.

De plus, récemment, Google a mis en place des « modérateurs » qui complèteront en tant que de besoin le travail des algorithmes. En clair, il s'agit de censeurs humains qui navigueront dans les messages pour mieux détecter et supprimer ceux que les algorithmes auraient laissé passer. Ces modérateurs seraient dotés de Guides de qualité «  Search Quality Rater Guidelines » établis par Google pour préciser les modalités de leur censure.

Tout le monde avait applaudi. Les fausses nouvelles cesseraient enfin de se propager, de même que les messages incitant à des comportements pervers. Cependant rares sont ceux qui se sont demandés sur quelles bases travailleraient ces algorithmes, dont seuls évidemment les spécialistes de Google détiendraient le secret. Il n'est pas besoin d'être très perspicace pour comprendre que le concept de fausse nouvelle ou même celui de pornographie sert principalement à éliminer les entités, personnes ou organismes, avec lesquelles l'auteur de l'algorithme n'est pas d'accord. Récemment, Google était allé plus loin dans ses critères de sélection, en annonçant qu'il combattrait les sites comportant des informations de basse qualité (« low-quality information ») et ceux s'inspirant de théories conspirationnistes (« conspiracy theories »).

La gauche privée de parole

Il n'a pas fallu trois mois pour qu'aux Etats-Unis, où leurs militants sont mieux avertis qu'ailleurs des questions techniques, de nombreux mouvements politiques se disant de gauche, progressistes, anti-guerre ou défenseurs des droits voient leur trafic baisser considérablement.

Récemment la Commission européenne a infligé une amende de 2,7 milliards de dollars à Google au motif que ses moteurs de recherche redirigeaient les utilisateurs vers son propre site Google Shopping où se trouvent référencées les entreprises n'hésitant pas à financer Google pour figurer en tête de liste. Mais la question de la chasse aux sites politiques d'opposition n'a pas été abordée...On peut d'ailleurs se demander pourquoi.

Le World Socialist Web Site (WSWS) annonce ainsi qu'il a vu son trafic diminuer de 70% récemment. Beaucoup de lecteurs, comme nous-mêmes, accèdent au site directement, parce que nous le connaissons et l'apprécions. Mais beaucoup d'autres qui font des recherches sur les titres comportant le terme « socialist » ou « socialism » ont constaté qu'ils avaient de plus en plus de difficultés à être envoyés sur le site du WSWS. On lira à ce sujet son article référencé http://www.wsws.org/en/articles/2017/07/27/goog-j27.html

Tout laisse penser que, même en Europe où la liberté d'expression est en principe mieux protégée, Google et ses homologues auront plus de mal à se mettre au service des pouvoirs dominants, qu'ils soient économiques ou politiques. Mais à notre connaissance, la CNIL en France chargée de faire appliquer la Loi Informatique et Liberté ne s'est pas encore saisie sérieusement du problème. De fait, Google y est devenu intouchable. Sans nous donner trop d'importance, nous pouvons nous demander ce qu'il en sera pour nous.

PS au 28/07. Sur ce sujet, voyez un  article plus détaillé du WSWS. Nous n'avons aucune raison d'en suspecter la véracité

http://www.wsws.org/en/articles/2017/07/28/pers-j28.html


27/07/2017
Vos réactions
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Nombre de réaction(s) : 1
Sur Google et vous
28/07/2017 07:34:33 | Par : Christian
Vous avez tort de penser que les algorithmes de Google ne vous veulent pas de mal. Par exemple lorsque je fais « europe solidaire », je tombe en 1 et en 2 de la liste des références sur la moins connue « Europe solidaire sans frontières ». Par ailleurs, il ne m'arrive plus jamais, dans une de mes recherches sut des thèmes d'intérêt qui nous sont commun, de trouver la référence d'un article signé de vous. C'est pourtant de cette façon que je vous avais connu il a quelques années.
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