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Durban II: refuser les fondamentalismes

Les pays de L'Union Européenne doivent rester engagés dans les travaux de l'ONU pour la préparation de la Conférence de Durban II, afin de ne pas laisser le champ libre aux racismes et aux fondamentalismes religieux. Il sera toujours temps de se retirer avec le maximum d'éclat en cas d'échec indiscutable des discussions préparatoires.

La préparation sous l'égide de l'ONU  de la Conférence dite Durban II du 20 au 24 avril à Genève provoque déjà beaucoup de remous. Durban II assurera le suivi de la Conférence mondiale contre le racisme, la discrimination raciale, la xénophobie et l'intolérance (Durban I) qui s'était tenue en 2001 à Durban, avec un objectif (la lutte contre le racisme) louable. Des négociations sérieuses avaient été menées comme dans toutes les conférences internationales pour aboutir à un texte officiel de compromis acceptable. Le tout a été rendu illisible  par l'intervention d'ONG islamistes ayant utilisé le forum ainsi offert  pour diffuser des positions réellement antisémites et donc inacceptables. Leurs outrances les rendait assimilables  à de l'incitation à la haine raciale. Ces positions n'avaient pas été reprises au sein de l'ONU, mais l'organisation ne s'était pas assez démarquée des  ONG islamistes s'étant exprimées en marge de la conférence proprement dite. Ceci a laissé dans l'opinion mondiale l'impression que l'ONU s'engageait sous la pression de ses certains membres dans la haine raciale.

Compte tenu de ce précédent, et du fait qu'assez curieusement la prochaine conférence  reste placée sous l'égide de la Libye et de l'Iran, dont  l'engagement contre le racisme, la discrimination raciale, la xénophobie et l'intolérance n'est pas évident, certains Etats dont Israël et les Etats-Unis se sont opposés au principe de Durban II. Au contraire, l'Europe en général (Suisse, Norvège, Union européenne...) a fait valoir que le refus par principe de toute réunion  sur des sujets sensibles n'est pas une solution. Ces pays ont décidé de s'engager pour que les dérives observées en 2001 ne se reproduisent pas. C'est ainsi qu'il n'y aura pas de forum des ONG parallèle à la conférence de Durban I.

Cependant les Européens n'ont pu empêcher qu'au cours des négociations du texte final de Durban II, certains Etats, principalement des membres de l'Organisation de la Conférence islamique, aient  tenté d'imposer dans le texte, non seulement une critique unilatérale d'Israël, mais le concept de « diffamation des religions » (contre la liberté d'expression) et la reconnaissance d'injustices historiques (esclavage...). L'intention des Etats défendant ces points est évidente : se servir de la conférence comme tribune politique et pour détourner l'attention des violations commises sur leur propre territoire. Ceci n'est pas acceptable.

Heureusement, dans  le dernier état du texte, le rédacteur russe a fait disparaître ces points litigieux. Les positions des Etats qui ont décidé de s'engager au nom de la défense des droits de l'Homme ont prévalu pour l'instant. Il est donc urgent pour eux de ne pas se retirer et tenir bon. Il serait trop facile de critiquer l'ONU au vu des positions extrêmes de certains de ses membres. Ceci est vrai aussi bien concernant les droits de l'Homme que des questions tout aussi urgentes, telles la lutte pour la biodiversité et contre le réchauffement.

Nous souhaitons ici pour notre part que l'Union européenne et la France en ce qui la concerne restent engagées dans les travaux de l'ONU pour  la préparation de la Conférence de Durban II,  quitte à se retirer avec le maximum d'éclat en cas d'échec indiscutable des discussions préparatoires .

 

25/03/2009
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