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Détruire les investissements publics ne relancera pas le dynamisme économique

Bien que ces choses ne se disent pas ouvertement, il est clair aujourd'hui qu'Emmanuel Macron avait été considéré par les élites politiques et financières européennes comme le seul candidat susceptible de sauver l'Union européenne du rejet croissant dont elle fait l'objet de la part de la grande majorité des électeurs dans les Etats-membres.

 Pour cela, sa mission était principalement d'empêcher l'Allemagne de se substituer progressivement à l'Union. Ce pays avait réussi en sacrifiant délibérément les intérêts propres de ses citoyens au profit des intérêts de la grande industrie allemande, à prendre une position économique dominante dans le monde dit « occidental ». A cette fin, l'Allemagne avait  accepté de ne pas développer ses services publics, comme de n'assurer que peu de protection salariale et sociale à ses travailleurs et plus largement à sa population. Tout ceci lui avait  permis de réduire son déficit budgétaire au profit des capacités d'investissement de sa grande industrie de consommation. Elle avait fini par se croire capable d'incarner à elle seule le dessein européen.

 Ceci ne pouvait convenir aux élites politiques et financières des autres pays européens, tant dans les autres Etats-membres que dans les institutions européennes. De son côté, l'Etat profond américain qui des les origines avait créé l'Union pour y mobiliser l'Europe dans une guerre sans fin contre la Russie, ne pouvait accepter que l'Allemagne, en voie de devenir une possible résurgence, questions militaires mises à part, du 3e Reich, fasse de l'Europe sa chose, mettant en priorité ses intérêts face aux intérêts atlantiques.

Le "modèle allemand"

Il fallait donc susciter au plus vite une concurrence économique et politique à l'Allemagne. Dans l'Union européenne, la France était seule capable de jouer ce rôle, compte tenu de ce qui lui restait de puissance. Mais la France, pour ce faire, ne devait pas affronter directement l'Allemagne en proposant un autre modèle de l'avenir européen, reposant sur les services publics. Elle devait au contraire se conformer le plus vite possible au modèle allemand, dans l'espoir qu'elle puisse rapidement montrer elle aussi qu'en réduisant sa dette, sacrifiant progressivement des services publics et ses protections salariales et sociales, elle pouvait espérer disputer à l'Allemagne un minimum  de leadership.

Elle le mettrait alors  au service du modèle européen en grand danger. Elle le mettrait aussi au service des intérêts américains, ceux de Wall Street et de Washington. Donner le pouvoir à Macron, déjà connu pour ses amitiés européennes comme pour son peu d'intérêt à l'égard de l'Etat social instauré en France après la Libération, devait servir au mieux les objectifs des élites européennes et américaines.

En conséquance, la volonté des élites européennes et américaines de faire rapidement de la France une Allemagne-bis, permettant de ne plus laisser à Berlin le monopole de la représentation de l'Europ,  devait se traduire rapidement dans les faits.

Ceci explique l'extraordinaire rapidité avec laquelle le gouvernement français, avant même les exposés de politique général, avait annoncé sans aucune précaution oratoire qu'il convenait de ramener le déficit budgétaire au dessous de 3%, diminuer les moyens des services publics, y compris dans le domaine de la santé, réduire le nombre des fonctionnaires et le niveau de leur rémunération.

 Pour faire admettre cette politique, Emmanuel Macron affirme qu'elle seule permettra de relancer la croissance et l'emploi. Mais tous les économistes sérieux savent que l'objectif de relancer la croissance (nous préférons ici le terme de « développement « durable », c'est-à-dire compatible avec les exigences de la COP21) n'est possible qu'en faisant appel à des investissements publics et de services publics financés par des recours à des déficits momentanés. Il en est de même des investissements du secteur privé allant eux-aussi au développement durable.

 En refusant délibérément ces solutions d'avenir, Macron enfermera la France dans un sous-développement lui-même durable. 

 

01/07/2017
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