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La France n'a pas à choisir entre Trump et une Union européenne allemande

Tous les intérêts atlantistes ont déploré l'attitude de Trump au sommet de l'Otan puis au G7. La France aurait pourtant mieux à faire.

Manifestement, le président américain s'en est tenu aux choix stratégiques qui avaient fait son succès électoral: refuser de financer via l'Otan une lutte permanente avec la Russie qui n'est plus pour lui une priorité – refuser le libre échange qui signera la mort de l'industrie américaine face à l'Allemagne et à la Chine – refuser de s'engager dans le Protocole de Paris contre le réchauffement climatique qui ruinera les industries pétrolières et minières qui ont fait la richesse de l'Amérique

En cela, il défend les intérêts de l'Amérique. Les membres d'une Union européenne désormais dominée par l'Allemagne peuvent-ils le lui reprocher ? Si les gouvernements européens, et en tout premier lieu la France, suivent les injonctions de la chancelière Merkel, réaffirmées après ces deux sommets, ils se passeront désormais de l'Amérique au sein de l'Union. Mais pour quoi faire? Continuer à se battre seuls contre la Russie alors que les intérêts de l'Europe sont plutôt de se rapprocher de cette dernière? Généraliser le libre-échange à travers une recrudescence d'accords internationaux en ce sens, alors que seule l'industrie allemande profite du libre échange, au contraire des autres producteurs européens qui auraient besoin de protection? Faire seuls les frais de la lutte contre le réchauffement climatique alors que l'Allemagne continue sans vergogne à exploiter le gaz et le charbon, tout en se donnant le luxe de refuser le nucléaire, seul moyen pour le moment de lutter contre les gaz à effet de serre?

Que certains Etats nord-européens sous l'emprise de l'Allemagne acceptent à travers l'Union européenne de se voir imposer les intérêts allemandes défendus par Angela Merkel, qu'ils le fassent. Mais la France n'a aucune raison de les suivre. Elle aura tout à gagner de la reprise de relations normales avec la Russie, comme espérons-le Vladimir Poutine et Emmanuel Macron le rappelleront suite à leur rencontre du 29 mai à Versailles. Elle aura besoin pour développer ses atouts industriels et plus largement économiques d'un protectionnisme raisonné, spécifique à tel produit ou aux relations avec tel Etat. Elle aura enfin besoin de lutter contre le réchauffement climatique – à supposer que cela soit possible - là encore d'une façon raisonnée, en n'abandonnant pas le nucléaire qui a fait sa force, ce qui n'est en rien incompatible avec le développement d'énergies vertes, si on ne laisse pas à l'Allemagne le quasi monopole qu'elle voudrait se donner en ce dernier domaine.

Au cas où l'actuel gouvernement français voulait reprendre à son compte la politique du Général de Gaulle, comme il l'affirme, il refuserait de se laisser dicter ses intérêts, tant par Trump que par une Union européenne allemande. Il s'efforcerait au contraire d'investir au plan de la recherche scientifique et des technologies industrielles pour valoriser les atouts exceptionnels qui sont les siens, et que n'ont pas les autres Etats.

Ni Trump, ni Merkel. La France, aurait dit De Gaulle.

29/05/2017
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