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Enseignements pour l'Europe de la journée française de revendication du 19 mars 2009

On a tendance à considérer que les problèmes économiques et sociaux des 27 pays européens sont trop divers pour que les syndicats et partis socialistes de ces pays puissent s'entendre sur des positions communes. D'une part c'est faux car des contacts et communiqués communs existent déjà. Mais d'autre part c'est encore malheureusement vrai car les perspectives de solutions en profondeur restent insuffisamment étudiées.

Pour notre part, après les manifestations françaises du 19 mars, nous pourrions proposer ici quelques conclusions rapides :

-    Il existe dorénavant en France une base de citoyens demandant des actions beaucoup plus fortes de lutte contre la crise. Cette base rassemble les travailleurs aussi bien du secteur privé que du secteur public. Il y a lieu de penser que de telles bases existent aussi, aux différences culturelles près, dans les 27 pays européens. Il serait dommage qu'elles ne puissent se rassembler pour agir.

-    Les syndicats français, toutes tendances confondues, ont montré qu'ils sont désormais assez conscients des réalités de l'action pour s'unir sur des points essentiels et non se diviser sur des points marginaux. Il serait dommage que la majorité, sinon l'ensemble des syndicats européens, nationaux et/ou  fédérés au niveau européen, ne fassent pas rapidement de même.

-    La gauche de gouvernement en France, majoritairement représentée par le PS auquel on pourrait ajouter les Verts, ceux du moins dont Daniel Cohn Bendit exprime le point de vue dans la liste qu'il préside en vue des élections européennes, est à la fois proche des positions syndicales et soucieuse de dépasser les revendications immédiates pour formuler des propositions de réforme du système capitaliste tout entier. Nous pensons que ces propositions ne vont pas assez loin, mais elles représentent un pas en avant dans la bonne direction.

-  Par contre, il ne semble pas que ce soit encore le cas du côté des partis socialistes et sociaux démocrates européens. Le manifeste du parti socialiste européen, dit aussi Manifeste des Partis socialistes et sociaux-démocrates en Europe, adopté en décembre 2008 à Madrid, comporte de bonnes choses, mais  il est orienté à court terme, en vue des élections européennes et laisse de côté les réformes en profondeur du système, rendues de plus en plus urgentes par l'aggravation de la crise systémique actuelle.

Il y a donc là un grave retard dans ce que nous pourrions appeler la pensée de la gauche de gouvernement européenne. Ce n'est pas de cette façon peu ambitieuse que cette gauche, et les gouvernements qui se reconnaissent en elle, pourront influencer l'évolution du monde global.

Mais que dire ?

Mais que dire et faire, monsieur le soi-disant expert, nous demandera le lecteur ? Nous répondrons que ce site comporte déjà de nombreuses propositions de réforme en profondeur, qu'il faudrait évidemment reprendre, actualiser et sans doute rendre plus lisibles. Ceci dit, la question est posée à tous, y compris aux manifestants du 19 mars.

Quand on constate qu'une grande partie des mouvements se sont retrouvés unis pour stigmatiser la fermeture de l'usine de pneus de Continental, on ne peut que regretter son court-termisme (image: manifestation à Clairois, site français de Continental) . Il est évident que le modèle jusqu'ici dominant de l'automobile doit être rapidement revu, ce qui imposera des reconversions inévitables. Il est évident aussi que les forces dites du marché seront incapables de le faire, même stigmatisées par les vertueux discours d'un Obama ou d'un Sarkozy. Il faudra des interventions économiques et sociales des Etats, ou d'Agences publiques mandatées pour ce faire.

Nous avions par exemple suggéré la création d'une Agence européenne des industries mécaniques. Celle-ci, après l'incontournable « Grenelle » de la situation des dites filières industrielles, proposerait des programmes de recherche et de développement « verts » visant d'autres usages que la seule automobile, développables au niveau européen et financés, évidemment, en majorité par des prêts publics à long terme venant de Fonds européens d'investissement à créer ou à renforcer.

Ceci n'est qu'un exemple de ce que les gauches européennes devraient proposer et en faveur de quoi elles devraient dorénavant faire massivement. manifester
20/03/2009
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Ne pas sauver l'automobile
31/03/2009 19:22:07 | Par : Claude Chiaramonti
Dans le débat " La crise, par où la sortie? du Monde daté du vendredi 27 mars 2009, une expression d'Emmanuel Todd est mise en exergue : "Le problème aujourd'hui, ce n'est pas la disparition des abeilles, c'est la disparition des emplois". Malheureusement, cette petite phrase à courte vue ressemble à l'objectif de Munich de sauver la paix ! Car en fait, il faut accepter que nous soyons bel et bien entrés dans la 3ème guerre mondiale : celle de l'eau et du réchauffement climatique, celle de l'accroissement démographique et de la raréfaction des ressources naturelles. De ce point de vue, la crise est une bénédiction : comment ne pas se féliciter que l'on construise moins d'automobiles ? Les chômeurs du secteur automobile doivent donc être aidés, accompagnés vers des emplois d'autres secteurs, ceux des services, qui, justement restent en croissance. Certes il y aura des souffrances, mais c'est la guerre ! La paix ne reviendra à terme que lorsque la croissance se limitera à la sphère immatérielle, sans plus piller la planète. Pour tendre vers cette paix réelle, il faut accepter les souffrances et ne pas sauver les emplois dans l'automobile et autres secteurs polluants et consommateurs de ressources matérielles. Sinon, c'est se bercer d'illusions comme lors de Munich !
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