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Contre Obama : lâcher de chiens

Nous n'étions pas particulièrement adeptes de l'Obamania, qui voyait en Barack Obama le chevalier blanc capable de guérir l'Amérique de tous ses défauts. L'image était trop belle. Obama, issu du sérail, ne pouvait pas réformer complètement le dit sérail. Cependant quelques semaines après la nomination du nouveau président, l'estime pour sa sincérité réformatrice revient sinon au galop du moins avec une certaine force.

L'actuel lâcher de chiens contre Obama auxquels se livrent pratiquement tous les républicains (et pas seulement les néo-conservateurs) ainsi qu'un certain nombre de démocrates plus conservateurs que les conservateurs, justifie ce regain d'estime. Ces gens depuis quelques jours réagissent avec une violence feutrée,  non à de véritables réformes en profondeur qui restent à décider, mais aux intentions de réformes affichées par le président dans deux discours récents, l'un présentant le budget 2010, l'autre esquissant une nouvelle politique sociale. Le projet de budget a notamment le tort d'annoncer une  réduction des dépenses militaires. Quant à l'augmentation de la protection sociale, comme elle ne pourra pas se faire à crédit, il faudra bien qu'elle soit financée par une augmentation des impôts portant sur les contribuables favorisés.  

Comme cependant, les conservateurs ne peuvent pas s'en prendre directement à Obama sur ces points que crise aidant, les électeurs approuveront certainement dans leur majorité. Ils attaquent donc Obama indirectement, en l'accusant de plus en plus d'être  la cause du prolongement  de la récession. Barack Obama, par un discours interventionniste (en d'autres temps on aurait quasiment dit crypto-communiste) ferait peur aux épargnants et aux investisseurs, qui préfèreraient donc attendre des jours meilleurs. Il aurait fait bien pire. Il aurait implicitement provoqué la crise il y a 6 mois, dès que les investisseurs auraient compris qu'il serait certainement élu. Ses intentions n'auraient pas été jugées suffisamment rassurantes.

Ben Bernanke, président de la Banque fédérale de Réserve, procède plus hypocritement. Il annonce actuellement que la récession pourrait s'arrêter fin 2009 début 2010, ce que personne ne peut croire. Mais il ajoute que cet heureux évènement ne se produira pas si le gouvernement fédéral n'aide pas efficacement les marchés financiers. Il ne faut pas être très malin pour voir le piège. Comme la crise ne pourra que s'aggraver, l'opposition à Obama aura début 2010 de bons arguments pour réclamer  son départ ou quelque chose d'approchant. Nous formions l'hypothèse dans une brève précédente que l'opposition « dure » pourrait même encourager la crise afin d'avoir de bons arguments pour déposer Obama et instaurer un système autoritaire (voir http://www.europesolidaire.eu/article.php?article_id=254&r_id= ). On peut penser par ailleurs que, quelles que soient les positions prises par Obama lors du prochain G20 à Londres, elles soulèveront l'hostilité de Wall Street et des lobbies industriels et financiers américains.

Mais les griefs anti-Obama ne se limitent pas à l'économie. On sait que le très puissant lobby juif a réussi à provoquer la démission d'un certain Charles Freeman, ambassadeur nommé par Barack Obama adjoint de l'amiral Dennis Blair, directeur du National Intelligence. Le lobby juif a cru voir en ce Freeman le futur exécuteur des hautes œuvres de Barack Obama, dans la volonté affichée par ce dernier de cesser de donner systématiquement raison à Israël sur les questions du Moyen-orient.  Les attaques lancées contre Freeman relevaient  manifestement de la calomnie la plus basse.

Plus graves encore, car c'est le monde entier qui supportera la conséquence de ces attaques, sont les manœuvres menées par l'establishment pour s'opposer aux mesures de lutte contre le réchauffement climatique envisagées par la nouvelle administration. Celles-ci déclenchent des résistances extrêmement vives, pouvant aller jusqu'à ce qui est présentée comme une « révolte ».  C'est ce que craint en particulier  le Pr.  Rajendra Pachauri, chef de l'Intergovernmental Panel on Climate Change (IPCC) de l'ONU (photo ci-dessus) . Il laisse entendre que les Etats-Unis de ce fait ne ratifieront pas les mesures pourtant encore modestes proposées par l'Europe, ce qui remettra en cause l'ensemble de la politique mondiale de lutte contre le réchauffement.  

Ceci serait particulièrement scandaleux à un moment où de plus en plus non seulement d'experts mais de responsables politiques prennent conscience de l'imminence de catastrophes de grande ampleur. Le livre du Dr Peter D. Ward, Under a Green Sky (Collins, 2008) qui est en train de devenir un best seller, en donne pourtant un aperçu assez terrifiant. Nous en présenterons  prochainement un résumé sur ce site.

Tous ces éléments montrent bien que les Etats-Unis restent, dans le monde prétendument multipolaire où les arrogances impérialistes devraient se neutraliser les unes les autres, un pouvoir arrogant qui n'est pas près de renoncer à son ancienne suprématie, quitte à tenter de la récupérer en jouant avec le feu du monde.
15/03/2009
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