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Utiliser la crise financière pour abattre Obama et ses idées réformatrices

Il faut se demander si une façon subtile ne consisterait pas, pour des intérêts américains bien organisés voulant stopper Obama sans le détruire directement, à laisser se développer l'embrouillamini de la crise financière actuelle.

J'admets volontiers que les plus fervents des Obamaniaques voyaient sans doute juste en pensant que leur héros était non seulement animé d'une volonté de réformer en profondeur le système américain ayant jusqu'ici dominé le monde, mais qu'il réussirait à engager certaines de ses réformes. C'est ainsi que, dans une suite de discours considérés comme très courageux et volontaristes, il a ces derniers jours marqué clairement sa décision  de ne pas poursuivre des programmes militaires non seulement hors de prix mais inefficaces et corrupteurs. Il veut également réformer le système de santé. A l'extérieur, il a envoyé Hillary Clinton porter des paroles apaisantes en Chine, en Russie, en Europe. Il semble décidé à poursuivre des ouvertures à l'égard de l'Iran et en faveur de la construction d'un Etat palestinien. Même à l'égard du « surge » en Afghanistan, qui selon nous constitue une grave erreur, il parle maintenant de négocier avec de prétendus « talibans modérés » - ce que les experts de la région considèrent d'ailleurs, à tort ou à raison, comme une illusion.

Bien évidemment, Obama n'agit pas ainsi par vertu ou morale, mais par intelligence politique. Lui et ses amis ont compris que le vieux système de pouvoir, dominé par le lobby militaro-industriel et Wall-Street, menait à sa perte non seulement l'Amérique mais le régime capitaliste à l'américaine tout entier, fondé sur la consommation et la croissance soutenues par l'emprunt. Les limites des ressources  physiques du monde sont en effet atteintes. Aucune autre solution n'est désormais possible que la réduction des dépenses et plus généralement la décroissance.

Ceux dont nous étions qui pensaient qu'Obama était au mieux un pantin sincère manipulé par les intérêts très puissants qui veulent continuer comme avant (business as usual) et au pire un hypocrite parlant de réforme (comme d'autres, suivez mon regard) par simple arrivisme politique, se seraient donc trompés. Mais alors, à supposer que comme l'écrit Dedefensa, Obama soit une sorte de Foch, profitant de sa faiblesse pour attaquer  (« Mon centre est enfoncé, mon aile droite recule. Excellent. J'attaque »),  les intérêts conservateurs ne vont sans doute pas renoncer à le stopper. On peut tout envisager,  un nouveau 11 septembre, un attentat contre lui ou autres évènements que les manipulateurs de l'ombre savent très bien susciter.

Il faut se demander si une façon plus subtile ne consisterait pas, pour des intérêts bien organisés voulant stopper Obama sans le détruire directement,  à laisser se développer l'embrouillamini de la crise bien décrit par le texte envoyé par un lecteur du site Dedefensa précité. Il s'agit du diagnostic de la situation financière et économique présenté par un certain Karl Denninger, dont il parait difficile de contester le réalisme assez terrifiant. 

Comme le prévoit l'auteur de ce diagnostic, l'accumulation des faillites, cessations de paiements, dislocation des services publics et arrêt de leurs prestations aux citoyens déboucherait sur une guerre civile généralisée, tant aux Etats-Unis que chez les satellites dont nous sommes. Ceci permettrait aux futurs dictateurs qui tapis dans l'ombre encourageraient la destruction de l'économie, de prendre le pouvoir et militariser le société....un rêve pour l'US Military and Industrial Complex.

Certains objecteront  que nous cédons à la théorie du complot, maladie de tous les chroniqueurs voulant être entendus. On verra sans doute assez vite ce qu'il en est.
10/03/2009
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La vérité des chiffres
10/03/2009 18:29:48 | Par : Joseph Leddet
Les chiffres concernant l' épaisseur des dettes à effacer- en y incluant les paquets de contrats de dérivées, CDS ou autres titrisations- en regard de la base monétaire existante, donnent le vertige: à peu près 600 à 700 000 milliards de dollars pour 60 000 milliards de PIB annuel dans le monde (chiffre à diviser par 3 ou 4 en en excluant la partie financière).
Le seul système bancaire doit avoir une situation nette comprise entre – 5 et – 10 000 Milliards, avec quelques établissements à bout de souffle qui risquent de craquer d'un jour à l'autre . Par ailleurs, les dettes de l'industrie commencent à faire peur ( cf. secteur automobile).
Dans ces conditions, en l'absence d'une réquisition rapide de la totalité du secteur financier par tous les Etats, l'ensemble risque de sauter d'ici 2 ou 3 mois, avec de gros problèmes sociaux à la clé ( dans la mesure où les 9/10e des gens n'auront matériellement plus d'argent ( puisque plus de banques) et seront donc exaspérés à cause de cela.
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