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Jeremy Corbyn

Jeremy Corbyn, candidat à la direction du parti travailliste britannique, peut-être futur Premier ministre de sa Gracieuse Majesté
Nous avoins dans un article précédent signalé l'extraordinaire montée en popularité de Jeremy Corbyn en Grande Bretagne. Celle-ci ne se dément pas. Le phénomène devrait mériter plus d'attention sur le Continent, notamment en France. Le pouvoir y est exercé par un gouvernement socialiste dont on se demande ce qu'il peut avoir de socialisme face au programme de Jeremy Corbin.

Le résultat de la primaire pour désigner le prochain leader du parti travailliste, commencée le 10/09 et se terminant le 12/09, n'est pas connu à l'heure où nous écrivons ceci. Nous y reviendrons dans quelques jours dans une mise à jour du présent article. Reste que, pour nous, quel qu'en soit le résultat, Jeremy Corbyn nous paraît mériter amplement de figurer désormais dans cette rubrique de l'Invité du mois. Nous devrions prresque aller jusqu'à créer une rubrique l'Invité de l'année.

Nous écrivions http://www.europesolidaire.eu/article.php?article_id=1889&r_id= :

Il semble que Jeremy Corbyn trouve une grande popularité en Grande Bretagne en redonnant vie à tout ce qui avec le néolibéralisme triomphant de la City était apparu comme de vieux chevaux de retour incapables de tracter le pays vers un avenir salvateur. Il évoque sans trembler la remise à l'honneur du Welfare State (Etat-providence), la nationalisation des chemins de fer, la mise en place d'une économie administrée recherchant non les plus grands profits spéculatifs pour les financiers, mais le bien du pays profond confronté aux multiples crises qui s'annoncent. Il n'hésite pas non plus à recommander le rapprochement avec la Russie et la sortie de l'Union européenne si celle-ci reste ce qu'elle est, une machine de guerre au service des Américains pour asservir l'Europe. Par ailleurs il condamne énergiquement la présence britannique dans l'Otan.


Cette popularité ne se dément pas. Pourquoi? Il est à remarquer que Corbyn, malgré son âge (66 ans), bénéficie du soutien de nombreux jeunes électeurs. Ceux-ci sont en effet lassés, sinon dégoutés par les compromissions des précédents Gordon Brown et Tony Blair à l'égard de pouvoir de la City et de tout ce qu'il y a de plus en plus insupportable du pouvoir pris par la classe dominante sous leur direction et aujourd'hui sous scelle du Conservateur David Cameron. Il règne en effet dorénavant une grande pauvreté, sinon misère, dans tout ce qui était le coeur de l'Angleterre industrielle, et avait fondé ses succès passés. Le faste apparent, très bling-bling, régnant à Londres et dans certaines villes « touristiques » ne doit pas faire illusion. Peu de Britanniques en profitent en profondeur.

On peut penser par ailleurs que le soutien sans faille de Tony Blair et des députés blairistes à l'égard des Etats-Unis, y compris dans leur volonté de faire de la Grande Bretagne, non plus seulement une partenaire privilégiée (special partnership) mais une véritable vassale, commence à lasser. Cette lassitude touche non seulement les jeunes mais les électeurs plus anciens. Ceux-ci ont connu les désastres apportés au Moyen Orient par la politique belliciste américaine, que le Royaume Uni avait docilement soutenue. Ils ne voient pas non plus comment aujourd'hui les pouvoirs financiers régnant à la City peuvent apporter de perspectives propres au pays, alors qu'ils sont entièrement contrôlés par Wall Street.

Beaucoup enfin, et pas seulement au Labour, commencent à être exaspérés par l'interdiction de toutes relations officielles avec la Russie (comme avec la Chine), imposée par Washington, ce qui pousse ces deux pays, au sein du Brics, à construire un nouvel ensemble géopolitique et géoéconomique où la Grande Bretagne risque de ne plus avoir de place.

Quoiqu'il en soit, si Jeremy Corbyn accédait au pouvoir, s'il y appliquait son programme sans se laisser corrompre par les forces conservatrices, il s'agira d'un petit tsunami en Europe. Bruxelles ne pourra pas ne pas en ternir compte.

D'ores et déjà, son élection à la tête du Parti travailliste devrait sonner l'alarme dans les rangs du PS français, et même à l'Elysée.

Post scriptum au 12/09/2015

Ce jour, Jeremy Corbyn vient d'être élu à la tête du Labour Party. Excellent really.

10/09/2015
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