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Au revoir le BMDE. Rebonjour le BMDE

La précédente version du BMDE (Ballistic Missile Defense in Europe) avait été mise à l'écart, compte tenu de son coût. Mais l'US Navy, comme l'on savait, avait déployé en Méditerranée plusieurs navires équipés d'un système plus léger nommé Aegis. Elle avait étudié son renforcement en Europe par des installations à terre, dite Aegis offshore.
Les Etats-Unis, dans le cadre de l'Otan, n'ont pas perdu un instant pour déployer l'Aegis offshore aux frontières de la Russie. On vient d'annoncer la mise en place en Roumanie, à Deveselu, d'une telle installation, dite Naval Support Facility, qui devrait être opérationnelle début 2015. Le vice amiral John Scorby, commandant ce que la Navy nomme la Region Europe, Afrique, Asie sud ouest, s'en est officiellement réjoui lors de la cérémonie d'inauguration. « Les menaces balistiques contre l'Amérique et ses alliés sont réelles et ne cessent de grandir. Heureusement, les moyens de défense de l'Otan ne cessent aussi de se renforcer ».

L'Aegis Offshore in Europe avait été initialement proposé par GW Bush. Il s'intègre désormais au plan de déploiement américain d'un « parapluie » destiné à assurer la défense anti-balistique de l'Europe. Comme l'Aegis naval, il utilise des batteries d'intercepteurs et une plate-forme radar dite Aegis SPY-1. Une plate-forme de même nature est prévue en Pologne. Dans le même temps, l'US Navy prévoit de baser en Espagne 4 destroyers de classe Arleigh-Burke (la plus récente) dotés de missiles guidés (image). Les bases à terre seront opérées par du personnel militaire américain ou par des contractuels civils. L'ensemble de ce dispositif permettra, toujours selon l'amiral Scorby, de faire face aux missiles balistiques de courte et moyenne portée menaçant (comme nul n'en ignore) les Etats-Unis, l'Europe et les installations militaires américaines sur le continent. Les intercepteurs n'ont pas de capacités offensives, mais seulement défensives.

A supposer que ce dernier point soit exact, les puissances nucléaires, dont l'Amérique et la Russie, ont toujours considéré que de tels systèmes, capables d'empêcher une nation attaquée de faire appel à une frappe en retour, s'intègrent nécessairement dans la mise en place de systèmes offensifs contre cette nation. La Russie ne pourra qu'en tirer les conclusions qui s'imposent, en perfectionnant ses propres missiles balistiques à portée longue ou intermédiaire. Ceci d'autant plus qu'à l'occasion de la guerre en Ukraine alimentée par les Etats-Unis, les menaces dite occidentales contre elle ne cessent de grandir.

Inutile de souligner que les quelques esprits attardés qui souhaitaient la mise en place d'une défense européenne autonome et indépendante des Etats-Unis et de l'Otan seront définitivement édifiés.

15/10/2014
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