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Une coalition anti-dollar ?

Le conseiller spécial pour l'économie de Vladimir Poutine, Sergei Glaziev, a publié un article dans la revue Argumenti Nedeli, où il détaille un plan contre le dollar, sous la forme d'une “coalition anti-dollar” comme premier pas d'une “coalition anti-guerre” pour stopper la politique d'agression des Etats-Unis contre le monde qui n'est pas le leur.

C'est le terme que reprend Valentin Mandrasescu, qui donne le 18 juin 2014 un rapport de l'article de Glaziev (http://voiceofrussia.com/2014_06_18/Putins-aide-proposes-anti-dollar-alliance-to-force-US-to-end-Ukraines-civil-war-8030)

Glaziev pense que son projet rencontrera les vœux du corporate power européen qui se trouve menacé de pertes colossales (il les chiffre autour de $1 000 milliards) si les sanctions dites de “troisième phase”, proposées par les USA, étaient mises en action. Les Russes ne pourraient plus alors rembourser les emprunts qu'ils ont fait auprès des banques et entreprises européennes.

Nous pensons pour notre part qu'en dehors de cette question des sanctions, la dédollarisation pouvant résulter d'une coalition anti-dollar menée par la Russie et d'autres pays tels que la Chine devrait être accueillie et soutenue par les intérêts économiques et scientifiques européens. Ils devraient évidemment pour ce faire ne pas tenir pas compte de l'opposition que ce projet rencontrerait de la part des gouvernements européens encore soumis, même en Allemagne, à l'atlantisme le plus chevillé au corps.

Aussi dépendant du dollar qu'il est encore, le "corporate power" européen devrait donc presser Poutine et la Chine d'accélérer l'offensive contre le dollar et la mise en place d'une nouvelle monnaie de change, à laquelle pourrait s'associer l'euro. Les occasions de travailler dans la zone dollar diminuent de plus en plus pour les Européens. La mise en place du Traité transatlantique TAFTA n'améliorera pas les choses en ce qui les concerne.

Au contraire, en Russie et en Chine, les occasions d'investissement sont bien supérieures, même si des partenariats juridiques euro-russes et euro-chinois sont posés comme conditions aux investissements. Il n'y a pas que la BNP française qui aurait intérêt à travailler en rouble ou en yuan. Dans son cas, si elle l'avait fait, elle n'aurait pas eu à payer $10 milliards d' « amende » aux américains.

La même chose est encore plus vrai dans le domaine des grands programmes techno-scientifiques dont le monde a de plus en plus besoin et où actuellement la matière grise européenne est en quasi chômage.

EuroBRICS

Mais il faut voir les choses d'une façon plus ambitieuse. Ce passage à une monnaie commune pourrait accélérer la mise en place d'un ensemble euroBRICS incluant, outre l'Inde, le Brésil et l'Afrique du Sud, d'autres pays comme l'Argentine dont la Présidente Cristina de Kirchner commence à se révolter contre les diktats venues de Washington (voir http://www.presstv.ir/detail/2014/06/17/367383/argentina-not-to-pay-15bn-to-us/

Même s'il serait utopique et même nuisible de vouloir en faire un ensemble cohérent, à l'image de l'Union européenne, l'euroBRICS pourrait acquérir, notamment sur le plan monétaire et financier, une importance potentiellement bien supérieure à celle de la zone dollar. Comme nous l'avons montré dans un article précédent, il pourrait ainsi décider de mettre en place un Fonds monétaire international travaillant avec la ou les monnaies communes substituées au dollar.

19/06/2014
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