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Poursuite des provocations polono-américaines sur le BMDE

Varsovie et Washington ont conclu jeudi 14 un accord sur l'implantation en Pologne d'éléments du bouclier antimissile américain. L'Europe et le président en exercice Nicolas Sarkozy ont laissé faire. Incompréhensible.

Il est incompréhensible qu'en pleine négociation entre l'Europe et la Russie concernant l'application de l'accord sur les cessez-le-feu en Géorgie, l'Europe et son président en exercice Nicolas Sarkozy ait laissé la Pologne finaliser avec les Etats-Unis l'accord en négociation depuis des mois concernant l' implantation d'éléments de la Ballistic Missile Defence en Pologne.

"Nous avons obtenu un accord avec les Etats-Unis au sujet du bouclier", a annoncé le Premier ministre polonais Donald Tusk, dans une intervention sur une télévision. Les Etats-Unis vont ainsi pouvoir installer sur le sol polonais à l'horizon 2012 dix intercepteurs capables de détruire en vol d'éventuels missiles balistiques à longue portée. Ce système est lié à un puissant radar qui sera installé en République tchèque. L'accord avec Prague a déjà été signé le 8 juillet. Ces éléments font partie d'un vaste projet censé  protéger le territoire américain d'éventuelles menaces de pays imprévisibles comme l'Iran. Dans l'immédiat, il est perçu par les Russes comme dirigé contre leurs propres bases de missiles, susceptibles de riposter en seconde frappe après une première frappe américaine.

L'accord, conclu avec deux anciens pays communistes devenus ses plus solides alliés, permet à Washington de marquer un point contre la Russie, qui proteste avec virulence contre un projet qu'elle qualifie de menace directe contre elle. Depuis des mois, la Russie a prévenu qu'elle riposterait à l'installation de contingents américains équipés de systèmes antimissiles à ses frontières.

Le chef de la diplomatie russe Sergueï Lavrov a déjà annulé une visite à Varsovie qu'il avait programmée pour les 10 et 11 septembre, a-t-on appris jeudi soir. Affirmant que l'installation du bouclier constituait un risque supplémentaire pour la Pologne qui a des frontières communes avec la Russie, le gouvernement polonais a réclamé des Etats-Unis des batteries anti-aériennes de dernière génération pour accroître la sécurité de son territoire. Les Etats-Unis ont accepté de déployer une batterie de Patriot opérée par un contingent américain. Peu à peu, l'armée polonaise disposera elle-même de ce système antimissile à moyenne portée, ont affirmé les dirigeants polonais.

Selon le gouvernement polonais, le conflit entre la Russie et la Géorgie a joué en faveur d'une conclusion des négociations. Le président George W. Bush, qui a été pris à contre-pied par la crise géorgienne, était également très désireux d'obtenir un accord, juste avant le lancement de la campagne présidentielle, selon des diplomates. Il s'est rapidement déclaré "très satisfait" de l'accord, selon la porte-parole de la Maison-Blanche.
Donald Tusk s'est également félicité jeudi soir d'avoir obtenu des garanties juridiques supplémentaires afin d'être sûrs que les Américains viennent au secours de la Pologne en cas d'agression.

On expliquera qu'il ne s'agit que d'une rétorsion bien méritée des Etats-Unis à l'égard de la Russie. Mais sur le plan militaire, le système BMDE n'aura pas avant longtemps la moindre efficacité. 1) Dans l'immédiat, il paralyse l'autonomie diplomatique voire économique de l'Europe dans ses négociations avec la Russie, montrant que l'Europe est plus que jamais un pion dans les stratégies américaines. Il nous parait inadmissible que les Chancelleries européennes principalement concernées, à défaut de Nicolas Sarkozy apparemment muet, ne réagissent pas.
Les notes :
  • 1) De l'avis du renseignement américain (voir notre article EMP par ailleurs) la principale menace iranienne, si elle se concrétisait, viendrait d'une explosion nucléaire à très haute altitude (electromagnetic pulse), contre laquelle les missiles basés en Pologue n'auraient semble-t-il aucun effet protecteur
15/08/2008
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