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Retour en force (et confidentiel) du Grand marché Transatlantique

Nous extrayons ces paragraphes d'un article de Taikié Elié qui faut lire sur Agoravox http://www.agoravox.fr/actualites/international/article/de-sofia-a-san-francisco-le-grand-130149 Nous approuvons à 100% ces propos. La soumission ainsi manifestée par la France à l'Europe américanisée et plus généralement aux intérêts financiers et commerciaux anglo-saxons est inadmissible.


Elle est en fait bien compréhensible si l'on considère que la majorité socialiste n'a jamais vraiment pris à son compte les déclarations électorales de François Hollande, visant notamment la guerre à mener contre la finance. Cette soumission se retrouve au plan diplomatique, où la France adhère étroitement aux objectifs et alliances qu'impose l'Empire américain, malgré les conséquences désastreuses qui en résultent.

Voici le texte:

Lundi 4 février 2013, une dépêche de l'agence Reuters est tombée :

"L'Union européenne a levé lundi les restrictions qu'elle faisait peser sur l'importation de plusieurs viandes américaines, une décision constituant le premier pas vers un accord de libre-échange qui concernerait près de la moitié de la production mondiale. [...]

L'interdiction des importations de porcs vivants et de viande de boeuf lavée dans l'acide lactique, justifiée par des objections de l'UE sur les conditions d'élevage et d'hygiène dans la production de viande aux Etats-Unis, doit être levée le 25 février.

Une visite du commissaire européen au Commerce Karel De Gucht à Washington est prévue mardi pour mettre un point final à un rapport conjoint UE-US qui doit recommander un renforcement des négociations sur le libre-échange.

Selon les calculs de la Commission européenne, cet accord pourrait apporter 65 milliards d'euros supplémentaires par an à la croissance européenne, une hausse de 0,5% du PIB européen."

C'est le retour de ce serpent de mer qu'est le projet de Grand Marché Transatlantique. Retour discret, il est vrai. Jean-Luc Mélenchon s'est fendu le jour même d'un communiqué de presse où il appelle François Hollande à se prononcer contre ce "funeste projet". Ce qui inquiète le leader du Parti de gauche, c'est que "Angela Merkel assume enfin ce projet ultralibéral et atlantiste". En vérité, l'enthousiasme de la chancelière allemande ne date pas de cette semaine... Le 2 octobre 2006, Der Spiegel nous apprenait déjà qu'elle trouvait l'idée d'un marché transatlantique "fascinante".

Mélenchon écrit : "Depuis l'élection européenne de 2009, je m'oppose à ce projet porté par les eurocrates libéraux et protégé par le silence des élites".

En vingt ans, ce sujet - pourtant fondamental - n'a jamais fait l'objet d'une réelle médiatisation, et certains journalistes ont même confessé, en 2009, n'en avoir jamais entendu parler. Ces jours-ci, des opposants inquiets se sont manifestés, ici ou , tandis que le magazine Challenge nous annonçait que la France était "favorable à une zone de libre échange transatlantique", six mois après nous avoir déjà présenté le projet dans une enquête, certes tardive, la vaste zone de libre-échange devant devenir une réalité dès la mi-2014, mais mieux vaut tard que jamais. 

Le gouvernement, par l'intermédiaire de Nicole Bricq, ministre du Commerce extérieur, vient donc tout juste de lancer une consultation auprès des entreprises françaises sur ce projet porté par Bruxelles, Washington et Berlin, et poussé par de multiples lobbys comme le Centre for European strategy, le think tank New Direction (parrainé par Margaret Thatcher) ou le Center for transatlantic relations. Selon la ministre, "un tel accord transatlantique serait particulièrement ambitieux. A eux deux, l'UE et les Etats-Unis représentent 40% du PIB mondial, 25% des exportations et 32% des importations." La consultation nationale, ouverte jusqu'au 1er mars, est accessible sur le site du ministère.

Les dirigeants français ont fait volte-face sur cette question, sans jamais s'en expliquer. En juillet 1995, Christine Chauvet, secrétaire d'Etat au Commerce extérieur dans le gouvernement d'Alain Juppé, avait affirmé "l'opposition française au projet de zone de libre-échange entre l'Europe et les Etats-Unis, défendu par l'administration américaine. « Ne soyons pas naïfs, a-t-elle déclaré au cours d'une conférence de presse, cette initiative de libre-échange transatlantique est un des aspects de l'offensive commerciale américaine. »

Voir sur ce même sujet l'article du Monde
http://abonnes.lemonde.fr/economie/article/2013/02/05/l-union-europeenne-et-les-etats-unis-prets-a-negocier-un-accord-de-libre-echange_1827299_3234.html

06/02/2013
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